Chacun connait les magnifiques vitraux du choeur de l’église de Chazelles réalisés par Alexandre Mauvernay, célèbre vitrier de Saint Galmier. Ces vitraux ont été réalisés sous le mandat pastoral du curé Henri Thévenet, venu de Propières après le déces de Jean-Baptiste Galland, le 23 mars 1845 (1). Ils retracent la vie du Christ depuis sa naissance jusqu’à sa résurection et l’Assomption de la Vierge. Ils ont bien sûr une histoire et datent de 1850.

Lorsque Jean Baptiste Galland prend possession de l’église de Chazelles, qui a la particularité d’être sous les deux vocables de Saint Jean-Baptiste (Saint Patron des Chevaliers de Saint-Jean puis de Malte) et de Notre Dame de l’Assomption, personnages retrouvés régulièrement dans les chapelles, les vitraux et les portes du sanctuaire, il doit réparer le choeur de l’église dont les fenêtres ont été abimées lors de la Révolution. Pour des raisons financières, il fait confectionner des petites croisées en bois sur les deux ouvertures latérales droites et gauche, diminuant leur hauteur d’un tiers en remontant les gros de murs. Il bouche  aussi l’ouverture centrale pour y mettre à la place un Christ en bois sculpté et fait peindre des fresques représentant les 4 évangélistes sur les maçonneries qui ont réduit les ouvertures de chaque côté.

Le Choeur reste en l’état jusu’en 1850. Cette année-là le curé Thévenet propose à la « Fabrique »* de prendre en charge la réalisation de vitraux dans les deux chapelles latérales justement dédiées à Saint Jean Baptise et à la Vierge à condition que cette assemblée prenne en charge la réfection des ouvertures du choeur pour leur redonner leurs dimensions d’origine. Le « marché » est conclu et des travaux peuvent commencer. La maconnerie du choeur est entièrement refaite avec de nouvelles ouvertures. Le tout est réalisé en pierre blanche calcaire taillée de Lucenay près d’Anse. Il est fait appel à Alexandre Mauvernay, vitrier de Saint Galmier, pour réaliser les vitraux. La partie supérieure de ceux-ci représentera la vie du Christ selon le Nouveau Testament et à la partie inférieure: des scènes à comparer issues de l’Ancien Testament.

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La Nativité- vitrail A. Mauvernay (photo PM)

 

 

Ainsi la Nativité du Christ (l’enfant est vite recherché par les soldats) est mise en correspondance avec l’histoire de Moïse, sauvé lui aussi de la mort par une servante.

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Moïse sauvé du Nil- vitrail A. Mauvernay (photoPM)

 

Sa Resurection inspire aussi l’artiste: il l’assimile à Jonas sortant du ventre dela baleine (synonyme de mort) au bout de 3 jours pour revivre. les vitraux ont couté à l’époque 6.000 francs or** dont 3.000 furent offert par le gouvernement.

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Jonas sort de la baleine-  vitrail A. Mauvernay (photoPM)

Ces vitraux inscrits au patrimoine sont superbes et méritent toute notre attention. Il en est de même des vitraux dans les chapelles latérales offert par le curé Thévenet. Cela ne dispense pas aussi de regarder les autres vitraux réalisés à partir de cartons de Jean Coquet entre 1929 et 1932 à la demande d’un autre curé; le Chanoine Planchet. Un vitrail offert par Eugène Provot, chapelier-manufacturier, a été réalisé par la Maison Ott Frères de Strasbourg: il représente Sainte Odile, patronne d’Alsace, regardant la plaine depuis depuis Hohenbourg.

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Profitez des fêtes de Noël pour voir aussi cette magnifique crêche réalisée aujourd’hui notamment par Jacky Rose, Henri Moulin, Paul Madinier, François Pascal et d’autres, attachée aussi hier au nom du regretté Marius Gonon, aujourd’hui disparu. 

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La Crêche (2016) dans l’église de Chazelles-sur-Lyon (photo PM)

Une autre façon de perpétuer cette tradition des crèches qui remonte à plus de 13 siècles, la première ayant été probablement arbitrairement fixée à Rome au VI° siècle. On dit aussi que c’est Saint François d’Assise qui inventa la première crêche vivante au XIII° siècle dans une grotte à Greccio en Italie centrale. Par la suite cette tradition s’est installée avec les Franciscains tant en Italie que dans la Provence avec les santons (Aubagne, ville devenue la capitale du santon (« santouns » ou petits saints), ou Marseille) ces personnages en terre cuite de la crèche apparus au XIX° siècle qui prennent l’apparence de petits villageois, chaque artisan, agricultuteur ou passant apportant auprès de l’Enfant-Jésus le fruit de son travail ou un petit cadeau. 

*assemblée ou association de laïcs chargés de l’administration des biens de la communauté paroissiale.

**environ 15.000 euros (pas cher!)

(1) H. Bourne. Histoire de la Ville et de la Commanderie de Chazelles-sur-Lyon