14 – 18 : C’est la « guerre de tranchées » : les poilus peuvent rester plusieurs jours, retranchés dans les galeries, à attendre l’attaque de l’ennemi ou l’ordre d’assaut ou bien, en repos ou en soin dans les campements en seconde ligne avant de retourner au front.

Pour « tuer » le temps entre les combats et tromper l’ennui, les soldats se mettent à fabriquer des objets avec les matériaux trouvés sur place : du bois et aussi du laiton et du cuivre (douilles, têtes d’obus…), du tissu, du cuir, de la pierre… Ainsi nait l’artisanat de tranchée.

L’artisanat de tranchée permet au soldat, dans un premier temps, d’améliorer son quotidien en fabriquant l’objet qui lui manque comme un couteau, un briquet. Mais, très vite, aussi, il fabrique d’autres objets : un bougeoir avec une fusée d’obus, un vase dans une douille, une bague pour l’épouse ou la fiancée.

Les objets peuvent se revendre entre soldats, se troquer contre des cigarettes ou de la nourriture.

Il se crée de véritables ateliers artistiques avec ceux qui, par leur métier, ont des compétences particulières (graveur, sculpteur…) ou simplement avec des hommes inventifs, créatifs et adroits.

Un véritable commerce se met en place. Les poilus peuvent s’organiser pour se répartir les tâches en se spécialisant, selon leurs compétences sur une étape de la fabrication.

Des ateliers sont aménagés par l’autorité militaire, à l’arrière, pour les soldats blessés.

Le bois, facile à trouver et ne nécessitant pas d’outillage particulier (une bonne lame de couteau bien aiguisée peut suffire), est le matériau surement le plus utilisé : fabrication de cannes, de plumiers, de tabatières, de boîtes à bijoux, de jouets, de cadres à photos.

Cette canne sculptée témoigne de la qualité et de la finesse du travail. (Propriété de M.Rivoire)

Embout réalisé avec une douille en laiton.

Quand le Poilu rentre « à la maison », il rapporte avec lui des objets qu’il a fabriqués ou transformés, des ustensiles qu’il a utilisés pendant ses années sur le front et qu’il a personnalisés.

1914-18. Gourde en aluminium. (Propriété de S.Besson)

Dès 1919, ces objets sont vendus aux personnes venues visiter les anciens champs de batailles.
Ces souvenirs des tranchées donnent lieu encore à des expositions. Les visiteurs sont toujours surpris et émerveillés par les objets présentés, objets du quotidien patiemment personnalisés et décorés ou véritables objets d’art, tous porteurs d’histoire et de beaucoup d’émotion.

Cette appellation « Artisanat de tranchée » ou « Art des tranchées » regroupe aussi les objets fabriqués dans des arsenaux et des hôpitaux militaires, parfois même après la guerre.