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Il y a 3 mois, Gérard Morreton disparaissait. C’est une injure faite à la vie. Ce « farlot » de naissance et de coeur aimait beaucoup son pays et y était très attaché, révant pour lui d’un avenir attractif intense. Il s’était donné à fond avec les moyens et les relations dont il disposait dans l’aventure du magnifique musée que possède désormais la ville. Mais il voulait aussi faire revivre le centre historique de cette ville indissociable de l’aventure du Chapeau à Chazelles-sur-Lyon. Les ennuis de santé et la vie finalement ne lui ont pas laissé le temps d’élaborer ce programme. Il est en grande partie à l’origine de l’Association PHIAAC à laquelle il tenait beaucoup et sur laquelle il pouvait, si celle-ci suivait un de ses projets proposés, s’appuyer pour le développer. L’Association est là tandis qu’il est parti, mais rien ne sera oublié.

Avec l’aide de sa courageuse épouse Marie-Noëlle, PHIAAC a retracé brièvement la vie de Gérard pour qu’un peu de lui reste à jamais écrit. On oublie trop vite.

 Gérard Morreton est né le 28 septembre 1947 d’un père chazellois et d’une mère lyonnaise. Scolarisé dans son enfance à l’école de Montrottier, il poursuit ensuite ses études à Lyon (études secondaires, faculté des sciences économiques).

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Diplômé de l’Ecole Supérieure de Commerce de Lyon (devenue EM Lyon), il travaille un an à Londres dans le secteur bancaire.

De retour à Lyon, il acquiert une première expérience dans l’immobilier chez un promoteur et développe ultérieurement ses compétences dans un groupe institutionnel.

Son professionnalisme et sa droiture sont unanimement reconnus.

Aussi, il est appelé à participer aux travaux de la Fondation du Patrimoine dès 2007-2008. C’est à ce titre qu’il est momentanément associé au projet de la Fondation Total, laquelle contribue à la création de l’Atelier-Musée du chapeau, auquel Gérard Morreton porte un grand intérêt.

Bien qu’il ait passé la plus grande partie de sa vie à Lyon, Gérard Morreton reste en effet très attaché à ses racines chazelloises et plus particulièrement à l’évolution de la chapellerie Morreton, de l’artisan chapelier du 17ème siècle à l’industrie chapelière des 19ème et 20ème siècles.

En 2012, il lui dédie un livre qu’il intitule :

« …avec deux R et un T: Histoire de la chapellerie MORRETON  » en 2012.

Il en offre un exemplaire à Madame Autant, en sa qualité de Présidente de l’Assocation de « l’Atelier-Musée du Chapeau de Chazelles » et destiné à la bibliothèque de cet établissement.

Il remet également au Musée, sous contrat de prêt, en son nom et au nom de ses frères et sœurs, un certain nombre d’objets appartenant à sa famille.

Mais, au-delà de l’entreprise familiale, c’est tout le passé de Chazelles sur Lyon, industriel et architectural, qui retient son attention.

Il attache du prix à la renommée du Musée au point qu’avant même son ouverture, il explore l’ensemble des moyens (environnement, communication…) pour mieux le faire connaître et donc accroître la fréquentation. Il regrettera de ne pas avoir pu, malgré diverses approches, communiquer ses propositions.

Dès lors, il se réjouit de la création de l’association PHIAAC. Il s’inscrit spontanément  dans des groupes de recherche, avec l’intention de s’investir pleinement.

Gérard Morreton a toutefois une autre passion. Il est amateur d’arts et plus spécialement de peinture. Il a suivi des cours de dessin à son adolescence et a toujours regretté de ne pas être allé à l’Ecole des Beaux-Arts.

Il suit les expositions et à cette occasion, il fait la connaissance de jeunes peintres lyonnais qui ultérieurement s’organiseront en association. Ils lui en confient la présidence qu’il assurera pendant deux ans.

Cependant, depuis plusieurs années, Gérard Morreton fait face avec un grand courage, à de graves problèmes de santé.

Il se voit donc malheureusement contraint, compte tenu notamment de difficultés de déplacement de renoncer à s’impliquer, comme il l’aurait voulu, dans toutes les activités associatives qui lui tiennent à cœur.

Il est profondément meurtri de devoir prendre cette décision.

Il meurt le 19 octobre 2017 et laisse le souvenir d’un homme généreux et fidèle à ses origines ancrées, depuis quatre siècles, dans l’histoire de Chazelles sur Lyon.