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AUTRE TEMPS, AUTRES MŒURS…

 En 1986 Jean Paul II visite les îles Fidgi et est reçu  avec tous les honneurs au milieu des cadeaux et des chansons traditionnelles à son arrivée depuis Singapour. On lui donne à cette occasion un tabua : c’est une grande dent de baleine polie qu’il faut prendre de la main gauche en remettre après un certain temps d’immobilité au porte-parole fidjien (le « matanivauna »), tout cela dans un silence total. La cérémonie d’accueil (le qaloqalovi) n’accepte pas le bruit et les applaudissement. C’est ensuite qu’on lui offre des racines de « yaqona », que l’on appelle aussi le kava. Ces parties végétales écrasées et diluées dans l’eau, font la boisson nationale des Fidji. Alors donc que l’on entonne la chanson du « Yaqona », la boisson est préparée dans un grand bol en bois (le tanoa) et filtrée à travers des fibres d’hibiscus pour être offerte au Pape dans une coque de noix de coco.

C’était donc la version Kava, il y a 20 ans, pour recevoir un étranger.

Remontons un siècle plus tôt. Un prêtre missionnaire est reçu par un chef de village d’une tribu austronésienne des îles Fidji.

Voici la recette du kava;  » On court chercher une racine sèche de cava. Le chef la met dans sa bouche et après l’avoir mâchée et remâchée, la recrache dans l’écorce d’une noix de coco ressemblant à une calotte de prêtre. Après l’avoir remplie d’eau, il s’y lave les mains dedans de l’eau de lessive. Après quoi il vous la présente à boire. Refuser est une insulte impardonnable car c’est la liqueur par excellence du pays. C’est le vin de Cellieu…. !  » (lettre Frère Marie-Claudius 1911)

….et classiquement la boisson nationale fidjienne se prépare ainsi :

Les racines énormes et épaisses, spongieuses et grisâtres du Kava, une petite plante : Piper methysticum, ont une chair fibreuse contenant un jus jaunâtre insoluble dans l’eau.  Elles sont épluchées et découpées en morceaux puis mastiquées jusqu’à ce qu’il ne reste que des résidus végétaux contenant la résine. Ceux-ci sont alors  mis à tremper dans l’eau formant un liquide de couleur café au lait qui est ensuite filtré puis bu.

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Aujourd’hui, on écrase les racines découpées en morceaux entre deux pierres ou on les râpe avant de les mettre à macérer dans l’eau mais l’utilisation d’une broyeuse mécanique est de plus en plus fréquente. La masse obtenue est ensuite malaxée dans l’eau et on exprime le jus à travers un linge pour le filtrer. Le breuvage obtenu est une fine émulsion de résine dans l’eau dont la puissance dépend de la variété utilisée et de la qualité de la préparation. La dose habituelle est d’une demi noix de coco mais de nombreux amateurs consomment plusieurs doses par jour. C’est une préparation anxiolytique, relaxante voire hypnotique. Elle aurait aussi les mêmes vertues ennivrantes que le vin avec ses variétés de goût selon les régions.

Peut-on parler de crûs et de cépages?

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Dans tous les cas ce n’est pas le petit cawa noir du petit matin au coin de la place Poterne. Celui-ci c’est le café. Son nom provient directement de la langue arabe et veut dire café!

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