Nous sommes dans les Monts du Lyonnais. Le paysage est comparable à ce tableau de Jean-Paul Ravachol qui nous a peint un joli troupeau de vaches rencontré sur ce chemin qui remonte vers Chazelles depuis les bords de la Coise au niveau des ruines du moulin Bissy. On longe le bois de Pulchère. Il y a là surement une jolie bergère au joli nom de Pernon qui garde son troupeau de vaches aidée de son petit chien Faraud. On ne la voit pas malheureusement: elle est sur la gauche au bord du chemin en grande discussion avec Monsieur le Curé, de passage cet après-midi là. 

Voilà posée la scène et si Pernon est cachée, on peut cependant facilement l’écouter. Elle parle bien sûr en patois franco-provençal avec le prêtre: cette langue ancienne qui a toujours prévalu dans notre région et que beaucoup de passionnés font revivre aujourd’hui. 

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Ce très joli tableau est à retrouver dans le site de Jean-Paul Ravachol.

Cette petite blague est aussi à retrouver dans le site de « NONTRA LINGUA » : le franco provençal en pays lyonnais.

Roffole in patuais lyonnais

Je vo-zu diré qu’o y aviet ina vés ina joulia bôyi de vais chi nos, qu’i lyi disiant Parnon, bien bravona, mé in piti brizon niéci. O v’est parquè sa môre lyi disiet tojors :  » Mé, Parnon, quand l’an se-z-ians su lo cu, le bôye sant pô tant betonnes comm’icinqui.

Véquia qu’in vépro la Parnon allôve in champ le vaches.
Don, bien sûr, o y avié la Bardella, la Frominta, la Bayetta et lo chin Faraud.
Don, de l’affére, que la Parnon rincontrôve monsu lo curô que lyi disit comm’iquien :

Bon sai, Parnon ! 
Bon sai, monsu lo Curô !
Comint que te vôs ?  
Marci bien, monsu lo curô, et vos mémo ?
Marci bien, Parnon. Avis vos fait bona vendêmi ?
Marci bien, monsu lo curô, et vos même ?
Més, Parnon, los curôs font pôs de vindêmi ! Comint que va ta môre ? S’est-elle accuchia ? 
Marci bien, monsu lo curô, et vos mêmo ?
Més, Parnon, los curôs ne s’accuchiont pôs ! Te vêqui bien grandette, Parnon, quel ajo que t’ôs ?
Se-z-ians, monsu lo curô 
Se-z-ians ! O v-est pôs possible !
Védes vos-mêmo, monsu lo curô, rebrique la Parnon, in trossant cott’ et chamisi par darri, védes vos-mêmo, ma môre disiet qu’o y étôve écrit iqui ! « 

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Composition numérique et bien sûr le clocher de Maringes au fond!

La traduction

Blague en patois lyonnais

Je vous dirai qu’il y avait une fois une jolie jeune fille de chez nous, qu’on appelait Pernon, bien gentille, mais un petit peu nigaude. C’est pourquoi sa mère lui disait toujours :  » Mais, Pernon, quand elles ont seize ans sur le cul, les jeunes filles ne sont pas bêtes comme ça ! « 

Voilà qu’un après-midi, la Pernon allait faire paître les vaches.
Donc, bien sûr, il y avait la Bardelle, la Froment, la Bayette et le chien Faraud.
Donc, à cette occasion, la Pernon rencontra monsieur le curé qui lui dit :

Bonsoir, Pernon !
Bonsoir, monsieur le curé !
Comment vas-tu ?
Merci bien, monsieur le curé, et vous-même ?
Merci bien, Pernon. Avez-vous fait de bonnes vendanges ?
Merci bien, monsieur le curé, et vous-même ?
Mais, Pernon, les curés ne font point de vendanges ! comment va ta mère ? A-t-elle accouché ?
Merci bien, monsieur le curé, et vous-même ?
Mais, Pernon, les curés n’accouchent pas ! Te voilà bien grandette, Pernon, quel âge as-tu ?
Seize ans, monsieur le curé.
Seize ans, ce n’est pas possible !
Voyez vous-même, monsieur le curé, réplique Pernon, en troussant sa robe et sa chemise par derrière, voyez vous-même, ma mère disait que c’était écrit là ! « 

Mignonne!