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HISTOIRE DE L’ÉGLISE DE MARINGES 

Jean-Marc LORNAGE

     Dès 984 il existe une petite église dédiée à Sainte-Agathe et associée à un couvent. Pendant la Révolution, en 1793, l’église est fermée au culte. Elle est ré-ouverte en 1797. Elle était à la place de l’actuelle « école de garçons » qui va devenir l’année prochaine la future maison commune (mairie). Elle était entourée par un cimetière.

     Devenue trop petite et trop vétuste, voire insalubre, une longue réflexion (de 1811 à 1863), entre le conseil de fabrique et le conseil municipal, est engagée pour soit faire la réparation de cette église soit en construire une nouvelle. Devenue trop petite et trop vétuste, voire insalubre, elle est remplacée par un édifice gothique construit entre 1867 et 1872.

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      C’est l’église actuelle, érigée sous la direction de l’architecte ligérien Charles Antoine Favrot (qui a réalisé notamment le palais de justice de Saint-Etienne, l’église de Saint-Barthelemy-Lestra…). La construction est réalisée par la maison Boulanger de Courzieu. La 1e pierre est posée en 1867, le cardinal de Bonald étant archevêque de Lyon.

     Elle passe alors sous le vocable de Saint-Laurent, le saint patron des fours, des rôtisseurs et des verriers. Sur la façade Sud, en pierre de taille, s’élève le clocher.

     Le clocher très élancé se voit de très loin. On le remarque depuis la route de Saint-Galmier à Chazelles, au niveau de la Rouillère. Il se compose de trois niveaux surmontés d’une flèche couverte en ardoises, et terminé par une croix. L’ensemble culmine à 44,70m.

     Un cordon de pierres blondes et moulurées sépare chaque niveau.

      Le troisième niveau, où sont installées les cloches, est orné de fenêtres avec abat-sons au-dessus desquels se trouve le cadran de l’horloge.

      Le deuxième niveau où était installée l’ancienne horloge mécanique est orné de trois fenêtres à croisillons.

      Le premier niveau est le plus imposant avec le portail principal à deux vantaux encadrés de pierres blondes surmonté d’une rosace centrale très simple mais dont les tons de bleu et de rouge sont très lumineux.

      Les deux bas-côtés, percés chacun en façade d’un vitrail, s’adossent au clocher et à la nef. De chaque côté, deux pyramidions à crochets décorent l’ensemble de la façade.

      Tous les murs de l’édifice sont renforcés de contreforts qui  épaulent extérieurement les piliers recevant  la poussée des arcs.  Deux contreforts ont été ajoutés aux contreforts existants, en 1928, suite à des lézardes produites au niveau des murs du clocher.

     Dans les archives, est citée l’origine des pierres utilisées : «on s’est servi de la pierre de Chamaret et de la pierre dure de Moingt ou d’autres analogues».

  L’extérieur a été rénové successivement dans les années 1970/80 avec réfection du toit des nefs latérales et remplacement des tuiles creuses par des tuiles plates, crépissages et changement des fenêtres du haut, traitement de la charpente. Le choix des vitres de couleur de ces fenêtres a été fait pour limiter l’impact du soleil sur les peintures intérieures.

      C’est en 1988 qu’a été faite la rénovation du clocher en même temps que la rénovation intérieure : sablage des pierres, remplacement des pierres endommagées par le temps, changement des ardoises.

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Rénovation en cours en 1988 (Photo JM Lornage)

      L’intérieur de l’église comporte une grande nef centrale et deux nefs latérales. Il a été rénové entièrement en 1988. Les murs ont été décrépis et recrépis avec un enduit de couleur type gratté. L’ensemble est harmonieux et très lumineux. Le choix des couleurs a été fait par Paul Bruyat, plâtrier-peintre du village qui avait en charge l’ensemble des peintures intérieures.

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L’intérieur de l’église et les deux chapelles latérales dont celle de Saint Laurent à droite

     L’autel de Saint-Laurent, à droite, possède un bas-relief le représentant sur son gril. En arrière de l’autel se trouvent trois statues : au centre Saint-Laurent tenant son gril dans la main droite avec à sa gauche Saint-Isidore et à sa droite Saint-François-Régis. Sous la statue de Saint-Isidore, a été gravé: » Laborem manuum mearum respexit deus gse cihe XXXI « , ce qui signifie Dieu regarde le travail de mes mains. Sous la statue de Saint-François-Régis, on peut lire l’inscription: »Humilitate obedienta carite odio sui excelluit Brev »  ou « Il excella dans l’humilité, l’obéissance, la charité et le détachement de soi »bréviaire. Enfin, au-dessus de l’autel : »Assatum est jam versa et manduca » ou « C’est cuit, change de côté maintenant et mange !  » La tradition voudrait que Saint-Laurent ait prononcé ces paroles alors qu’il était sur le gril.

     L’autel de la Vierge, à gauche, possède aussi un bas-relief représentant Jésus qui  couronne sa mère. Cet autel est également surmonté de trois statues: au centre la Vierge, à sa droite Saint-Joseph et à sa gauche Sainte-Catherine. De chaque côté du tabernacle se trouvent trois médaillions illustrant chacun l’inscription qui l’entoure, soit sous Saint Joseph: « vas spirituale turis davidica domus aurea » ou « vase spirituel tour de David maison d’or », sous la statue de Sainte-Catherine: « foederis arca janua coeli speculum justitiae » ou « arche d’alliance porte du ciel, miroir de justice » et enfin, une dernière inscription sous le tabernacle: « Regina sine labe concepta » ou « Reine conçue sans péché ».

     Les chapiteaux sont sculptés : ceux du chœur représentent les 4 Évangélistes et ceux dans la nef centrale représentent des visages tantôt rieurs, tantôt grimaçants.

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Les quatre Evangélistes

      Tous les vitraux sont signés du fameux maître Alexandre Mauvernay dont l’atelier était situé à Saint-Galmier dans la deuxième moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Les trois grands vitraux du chœur représentent des scènes de la vie du Christ.  Sur celui de gauche, on voit : l’annonciation, la nativité et Jésus avec les Docteurs de la Loi au temple. Sur le vitrail du centre, on reconnait Jésus au jardin des oliviers, Jésus en croix et la descente de croix.  Pour lire chronologiquement celui de droite, il faut regarder de bas en haut et on reconnait la résurrection, l’ascension et la Pentecôte. Le vitrail de gauche a été offert par les élèves de Mr Raymond. Or, de 1816 à 1857, le curé de Maringes était un Mr Raymond.

     On peut supposer qu’il avait quelques élèves, peut-être une petite école cléricale et que ce sont ces enfants qui, devenus adultes, ont offert ce vitrail. En tout cas, sur les registres  de la commune, on ne trouve aucun instituteur de ce nom.

     Les dix vitraux des nefs latérales ont été offerts par la société de chasse de Maringes en 1888. Les noms des donateurs sont inscrits sur le vitrail qui jouxte l’autel de Saint-Laurent : Mrs Cochet, Sainte-Marie, Andras, Chapelle, Serasse,  Andras, Ritton père, Ritton fils, Radisson père, Radisson fils, Tresca, Duport, Genevet, Mauvernay, Descotes, Piraud, de Saint-Jean, Catoire. Tous ces chasseurs ne sont pas de Maringes.

     Le vitrail qui représente Saint Hubert, à droite du portail, a été offert par la société de chasse de Maringes en 1872.

     A gauche du portail, le vitrail relate le baptême du Christ avec l’inscription : »Ecce agnus dei qui tollit peccata mundi » ou : « Voici l’agneau de Dieu qui prend les péchés du monde ».

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Vitraux du Chœur

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                         Vitraux  latéraux

     Les médaillons présents aux croisées de voute, tant sur la nef centrale que les deux latérales, sont en rapport, pour la première, avec l’histoire de l’église comme les armes du Cardinal de Bonald, celles du Pape Pie IX ou celles de Napoléon III, pour les deux autres, avec l’histoire représentée par les vitraux latéraux : comme la fuite en Egypte avec dans le médaillon une étoile…

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Médaillons de la nef centrale

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Médaillons des nefs latérales rappelant les images des vitraux

     Après Vatican II, le père Varagnat était curé de Maringes. Il fit installer le nouvel autel en bois pour officier face aux fidèles. Il fit démonter l’autel du chœur, la chaire, les lustres qui éclairaient le chœur, la table de communion, de nombreuses statues qui étaient sur les piliers dans l’église, (il reste une statue de la Vierge et une statue du curé d’Ars restaurée en même temps que le chemin de croix en 1988 et une Piéta avec une main à 6 doigts dans la nef latérale droite). Les panneaux de la chaire ont été réutilisés en 1988 et placés devant l’ambon des lecteurs. L’autel et le plancher sous l’autel ainsi que la rénovation de l’ambon ont été fait par Marcel Bruyat. Les bancs actuels de la nef centrale et son plancher, les bancs des nefs latérales et le tambour ont été faits vers 1940/42  par Benoit Baronnier à l’initiative de L’Abbé Dumas, curé de Maringes, et pris en charge par la Fabrique.

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Une « Pieta » colorée   /   Une station du Chemin de Croix

        Les peintures de la voûte et des murs intérieurs de l’église avaient aussi été refaits à cette époque.

     Le portail extérieur a été remplacé à l’identique dans les années 80.  Il a été refait par Maurice Bissardon, ouvrier à cette époque de Marcel Bruyat.

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Une vue de l’intérieur de l’église avant Vatican I