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NOUS ENTRONS DANS LE MOIS DE MAI

Mai est le mois de la socialisation active et consentie par le biais des fêtes, des costumes, des couleurs, des danses, des musiques et des fleurs. Mai rassemble les communautés et la paix sociale (oublions mai 1968 !).

Beaucoup de coutumes se rapportent à la végétation, la feuille, l’arbre, telle celle du « Feuillu », où un gaillard revêtu et caché sous un feuillage très dense entraine ses amis quêter de maison en maison.

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CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=671218

Il y a aussi la coutume de « l’arbre de mai ». Elle se pratique surtout en Europe Centrale : au 1er jour de mai, on plante un arbre décoré de rubans sur la place du village autour duquel que se pratique la danse des rubans ; on forme une tresse autour de l’arbre qu’il faut déméler ensuite.

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Par Adam Zivner — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=7279421

Mai, mois des promesses et des amours

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https://www.lesbridgets.com/index.php/histoire/les-mais-une-tradition-pour-les-celibataires-dans-la-nuit-du-30-avril-au-1er-mai.html

Dans les campagnes, au premier jour ou premier dimanche de mai, les jeunes hommes cueillaient des branches d’arbres couvertes de feuilles, que l’on appelle des mais, quelquefois ornées de rubans aux vives couleurs, de guirlandes de fleurs ou de chapelets de coquilles d’œufs, et les attachaient au-dessus des portes extérieures des maisons dans lesquelles vivaient des jeunes filles. En effet, chaque années dans la nuit du 30 avril au 1er mai, les jeunes hommes célibataires des villages installent des arbres (appelés les mais) devant la porte ou contre le mur du domicile des jeunes filles à marier pour les honorer. Cette coutume d’« esmayer » (troubler, inquiéter) les filles date du XIIIe siècle et s’est poursuivie jusqu’au XIXe siècle. La pose de ces mais s’inscrivait dans le cadre des préliminaires du mariage et permettait aux garçons de faire connaître les attirances et les préférences qu’ils ressentaient pour les jeunes filles du village. La fontaine du village était également ornée d’un jeune arbre pour s’assurer qu’elle coulerait toute l’année.

Après la pose des mais, suivaient les quêtes et danses de mai où les jeunes gens passaient de maison en maison où se trouvaient les belles pour y chanter et danser, en échange de quelques pièces. Puis le soir venu, jeunes hommes et jeunes filles se retrouvaient à table puis dansaient, le tout symbolisant le renouveau de la nature, le feuillage reverdi, la promesse de bonnes récoltes à venir et la beauté des jeunes filles à marier, ce qui en excluait du même coup le mariage ce mois-là, tradition établie depuis les Romains d’ailleurs car de mauvais augure. Par contre on se fiançait, le jeune homme s’étant déclaré avec un « Mai aux filles » apposé sur la porte des parents de l’élue. Tout allait dans le sens du renouveau de la végétation et des rites amoureux en vue de la perpétuation de l’espèce comme la fête de l’Arbre de mai qui représente l’expression de l’ancestrale vénération des peuples européens à l’égard de l’arbre, symbole de la vie : l’Yggdrasil des Germains.

Une chanson revient souvent chez nos anciens qui l’entendaient toujours chanter en ce mois de mai

Joli mois de mai.

La musique provient d’un arrangement de Maryse Mathieu qui connait l’air et les paroles de cette chanson chantée par sa grand-mère. C’est le type même de la chansonnette appelé à disparaitre avec le temps

 

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Elle a d’ailleurs pris au fil des ans des formes plus osées comme celle-ci:

Joli mois de Mai, quand reviendras-tu ? M’apporter des feuilles, 
Joli mois de Mai, quand reviendras-tu ? M’apporter des feuilles, 
M’apporter des feuilles….etc …… et son final
Pour me torcher l’cul ?

Tout le monde ou presque (parmi les sexagénaires et au-delà) connait cette ritournelle (notamment de colonie de vacances) à la chute indécente ! Celle-ci, inévitable, entraînait la répétition à l’infini de la chanson, jusqu’à ce que le mot fatidique finisse par tomber !

On retrouve d’ailleurs dans une petite histoire de campagne cette fameuse chanson aujourd’hui oubliée :

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D’où vient le le mot « mai » ?

Dans la mythologie grecque, la déesse Maïa incarnant le printemps est la fille de Faunus, le dieu de la fécondité des troupeaux et des champs, et l’épouse de Vulcain, le dieu du feu. Le nom signifie littéralement, en grec, « petite mère », un terme affectueux donné à la grand-mère, la nourrice ou la sage-femme. Les Romains fêtaient la déesse le cinquième mois du calendrier grégorien.

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Mai : le mois des ponts qui commence par un jour férié, chomé et payé…

La fête du 1er mai : une double origine

La première remonte au Moyen-Age. Le muguet, originaire du Japon, plante à clochettes arrive alors en Europe, symbolise le printemps et porte bonheur. Charles IX officialise cette tradition et offre un brin de muguet aux dames de la Cour. La tradition est en marche ! En 1907 le muguet du 1er mai est associé à la fête du travail. En 1947, le 1er mai devient un jour férié, chômé et payé. Ce jour-là, le muguet se vend librement à tous les coins de rue ce jour-là et s’offre en gage d’amitié et de porte-bonheur.

Le 8 mai et l’Ascension

Ce sont des jours fériés ordinaires.

  • Le 8 mai marque la fin de la Seconde guerre mondiale pour l’Europe. Il devient férié en 1953 mais non chômé et en 1981 prend figure de commémoration nationale, alors férié et chômé.
  • L’Ascension est la fête chrétienne de Jésus-Christ ressuscité quarante jours après Pâques et tombe toujours un jeudi. C’est en France une fête d’obligation comme Noël depuis Napoléon.
  • Mai, c’est aussi le mois de Marie, mère de Jésus, un mois où l’on évite les mariages depuis l’époque romaine. De nombreux dictons populaires en attestent : mariages de mai ne fleurissent jamais, méchante femme s’épouse en mai, noces de mai ne vont jamais, mariage au mois des fleurs, mariage en pleurs …
  • Dans la réalité, mai est consacré à Marie depuis le début du XIXème siècle par le pape Pie VII.

Les Saints de glace.

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Autour de saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais, soient les 11, 12 et 13 mai, ce sont les derniers gels avant lesquels on évite de semer. Cette éventualité reste très vivace à la campagne, de nombreux dictons en attestent, qu’on peut encore entendre. Le phénomène serait lié à la lune rousse.

  • « Saints Mamert, Pancrace et Servais sont toujours des saints de glace. »
  • « Attention, le premier des saints de glace, souvent tu en gardes la trace. »
  • « Saints Pancrace, Servais et Boniface apportent souvent la glace. »
  • « Avant Saint-Servais, point d’été ; après Saint-Servais, plus de gelée. »

On peut y rajouter :

  • Saint Boniface, le 14 mai, cité dans le dicton : « Le bon saint Boniface entre en brisant la glace. »
  • Sainte Sophie, martyre suppliciée à Rome, « la froide Sophie », le 15 mai
  • Saint Yves, célébré le 19 mai en Bretagne,
  • Saint Bernardin le 20 mai, cité dans le dicton : « S’il gèle à la Saint-Bernardin, adieu le vin. »
  • Saint Urbain, le 25 mai.

Dans l’Europe celtique, l’été commence le 1er mai, jour de la fête de Beltaine, fête du dieu Belenos « jeune dieu aux boucles d’or » et de la déesse Belisama, déesse du foyer, des arts, du tissage et déesse guérisseuse. Cette fête fait suite à la nuit de Walpurgis, symbole de la fin de l’hiver, parfois associée à la plantation de l’arbre de mai ou à l’embrasement de grands feux. célébrée dans la nuit précédant le 1er mai. Lors de cette nuit réputée magique, les divinités païennes du printemps et de la fécondité se répandaient dans la nature pour mettre fin à l’hiver.

Au Moyen-âge, le mois de mai marque un passage important dans l’année, ponctué de fêtes et rituels calendaires fixes, comme le 1er mai et le 3 mai, fête de l’Invention de la Sainte Croix, ou de fêtes dont la date varie selon le jour de Pâques : l’Ascension, quarante jours après Pâques, précédée des trois jours des Rogations, et la Pentecôte, cinquante jours après Pâques.