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Le clocher de l’église du Plagnal

     Avec quelques photos, Yves ROCHE, un « farlot » cette fois-ci, nous replonge dans la colonie du Plagnal avec quelques détails que vous pouvez aussi et encore étayer par vos propres informations sur ces clichés et les adressant comme à l’habitude de préférence par courriel à Michel Rivoire ou PHIAAC avec les adresses ci-dessous:

phiaac42140@gmail.com

mj.rivoire@gmail.com

     Beaucoup d’informations nous arrivent et si chacun joue le jeu, nous pourrons vous proposer de réaliser le challenge que nous nous sommes fixés avec votre aide et votre participation: un livret sur la « Cité des Farlots » (côté garçons) qui pourra faire rêver encore les descendants de ces colons d’hier pour la plupart aujourd’hui « grand-parents » voire arrière-grand-parents !

Notre « Colo » du Plagnal

par Yves Roche

     Tout d’abord, je voudrais rendre hommage aux personnes qui ont fait que cette aventure du Plagnal ait existé, qui ont assuré son organisation et son bon fonctionnement. Le Père Labrosse au tout début et le Père Pauze par la suite, un homme d’une grande bonté et qui portait tant de choses sur ses épaules. Je me souviens aussi des dirigeants qui l’assistaient dans sa tâche.

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     C’est en Haute-Loire à Laussonne que fut créée la première colonie puis en 1947 au Plagnal en Ardèche.

La Flèche Bleue, le car du « père » Bertrand nous véhiculait cahin-caha jusqu’au pied de la Vierge du Puy.   Nous pouvions accéder à la couronne dont l’accès n’était pas encore protégé.

     Les équipes étaient formées sur le parvis de la cathédrale. Les groupes étaient constitués. Il y avait un Chef, un Sous-Chef, et 4 ou 5 colons.

     Les plus jeunes étaient nommés Compagnons et avaient un foulard jaune, puis venaient les Veilleurs avec le foulard vert ensuite les Ardents et leur foulard bleu et enfin les Pionniers avec le foulard rouge.

     Chaque groupe avait sa chanson ou son hymne :

  • Les Compagnons : « C’est nous les compagnons et nous ferons le tour du monde … »
  • Les Veilleurs : « Alerte, alerte … »
  • Les Ardents : (Je ne sais plus !)
  • Les Pionniers : « Oh oh là pionnier … »

     Dans l’après-midi nous arrivions au Plagnal. Les premiers temps les autochtones ne désiraient pas trop la venue des colons mais finalement nous n’avons eu aucun problème, même madame Rodes (?) « gérante de la seule grande surface du pays » nous attendait avec impatience car même si nous étions que de petits clients pour elle nous étions très nombreux !

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     Venait ensuite l’installation dans les dortoirs : chacun sa paillasse, chacun son coin.

Souper au réfectoire (sur des tables et des bancs à peu près stables !) où nous avions droit à la soupe, toujours très bonne, de notre excellente cuisinière madame Charretier maman de deux colons Jean et Bernard.

     Tous les matins réveil en fanfare, toilette vite faite. Nous récupérions le fanion de notre équipe sous l’escalier du dortoir et nous nous rangions bien alignés dans la grande cour. Chaque chef criait son ordre de ralliement.

     Par exemple pour l’équipe Saint-Pierre le chef hurlait :  » Saint-Pierre bâti  » et l’équipe répondait : « Sur Roche » alors qu’il fallait tout simplement répondre : « Sur roc » ! Je ne pose pas la question : Pourquoi ?

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    Nos journées étaient bien remplies : les jeux de pistes, de vies, de foulards, le foot et … les fameux jeux de nuits. Beaucoup de marches aussi (c’est à cause d’elles que nous avons gardé le mollet rond !).

     Des visites nombreuses et souvent lointaines nous éloignaient de la colonie avec les différentes visites telles : le Gerbier de Joncs (1551 m.), le Mézenc (1753 m.), le lac d’Issarlès, l’Auberge de Peyrebeille (la fameuse Auberge Rouge !), le Suc de Bauzon, Mayres, le Barrage de La Palisse, les forêts de Mazan, de Bauzon et bien d’autres périples… sans oublier évidemment la fameuse Trappe des Neiges !

     Nous marchions à bonne allure, en chantant. Ainsi les kilomètres nous paraissaient moins longs. Le soir nous étions heureux de retrouver le foin dans les granges prêtées avec son odeur particulière pour une nuit de repos.

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     Reprenons tout cela, un par un :

  • Le Gerbier de Joncs est un suc (montagne en forme de cône ou de dôme due aux éruptions volcaniques) où le fleuve Loire prend sa source.
  • Le Mézenc, il faut arriver au sommet pour y découvrir, par beau temps, les Alpes, les monts du Vaucluse et le Mont Ventoux, bien connu des cyclistes qui culmine à 1909 m.
  • L’Auberge de Peyrebeille, son histoire nous était racontée avec tant de vraisemblance que les nuits suivantes nous en rêvions encore.
  • La Croix de Bauzon qui culmine à 1511 m. où, à chaque replat, nous pensions être arrivés mais il fallait continuer encore pour en atteindre le sommet. Nous étions tous très fatigués à son arrivée et la descente promettait d’être difficile.

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  • Les forêts de Mazan, de Bauzon où nous nous étions d’ailleurs, par une journée très pluvieuse, perdu pendant plusieurs heures sans pouvoir retrouver notre chemin. Heureusement, un forestier nous avait retrouvés et redirigés grâce à nos cris et chansons hurlés à plein poumons. Cela l’avait guidé jusqu’à nous.
  • Le Lac d’Issarlès : pour nous qui avions l’habitude de nous baigner sur les cailloux de la naissance de l’Allier, cette étendue d’eau nous paraissait tellement grande et si profonde que pour nous c’était la Méditerranée … !

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  • La Trappe des neiges c’était l’apothéose … Nous étions en file indienne notre quart en main que le « moine enchanteur » remplissait à ras bord du délicieux nectar qu’était la Fleur des Neiges (le vin fabriqué par les moines). J’en connais certains qui ont repris une ou deux fois (voire plus) la file d’attente et qui sont repartis vraiment très contents et tout joyeux de la visite … !

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    J’ai aussi le souvenir de la mise en place d’une croix sur le Suc du Chapelas avec sa « main rouge » (une coulée volcanique qui avait la forme d’une main). Avec nos petites forces rassemblées nous avions réussi à planter cette croix qui paraissait immense et terriblement lourde.

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     Nous faisions un feu de camp tous les soirs ou presque. Après une bonne histoire racontée par le maitre de cérémonie et bien écoutée par les colons, nous restions ensemble près du feu qui crépitait encore et réchauffait nos corps et nos cœurs.

     Les plus méritants se voyaient octroyer l’écusson de la colonie qui était cousu sur le béret et devenaient ainsi de « vrais colons ».

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    Enfin arrivait le jour de la visite des parents. Ceux qui n’avaient pas la chance de les accueillir recevaient un petit carton rempli de gourmandises et d’un petit mot de toute la famille !!! La journée était festive et gaie.

     Tout était joyeux à la « colo ». Je me souviens cependant de ce triste jour où, lors d’une escapade pas comme les autres, nous nous sommes retrouvés à Mayres devant les restes d’un car qui avait fracassé le parapet d’un pont et s’était écrasé dans l’Ardèche qui le surplombait, ne laissant aucun survivant : c’étaient des petits colons comme nous ! Nous étions tous en pleurs devant ce car démantelé. J’ai toujours aujourd’hui une pensée pour eux.

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     Pour revenir aux moments plus joyeux, il faut mentionner les terribles batailles de « babets » ou encore les matchs de football sur un terrain tout bosselé qui n’a pas connu de jambe cassée ! Un vrai miracle !

 

     Le Plagnal : c’était un séjour merveilleux pour nous les petits colons. C’était au milieu des années 50.

Jamais on ne s’ennuyait
Même quand il pleuvait
Nous étions à l’intérieur
Pour tous nos labeurs
Il y avait du dessin, du modelage
Des chansons et beaucoup de partage
Le partage d’une assiette
Sans laisser de miettes
La colo c’était quelque chose
La colo pour moi c’était grandiose.

       Au partage on peut y associer la liberté, l’égalité et la  fraternité.

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     On revenait au pays, à Chazelles avec plein de souvenirs dans le cœur et en chanson : Le ciel est bleu, Le clocher de mon village, l’Africain qui revient de loin,  etc…

     On arrivait au Fond de Ville où nos parents, frères et sœurs nous attendaient déjà depuis un bon moment. Le car du « père Bertrand », ce n’était pas le TGV !!!

     Il reste encore beaucoup de choses à dire sur la colonie du Plagnal.

     Alors, ancien colon prends ta plume (ou plutôt ton clavier) et écris toi aussi tes meilleurs souvenirs, tout simplement, comme tu le sens.  Tous les récits apportent leur part de souvenirs et sont les bienvenus.

Yves ROCHE

     Merci à Yves Roche de nous apporter autant d’informations. Il faut dire qu’il a été un chef d’équipe « hors pair », grand connaisseur de la colonie du Plagnal, et qui nous a déjà énornément rendu service, même s’il n’est plus aujourd’hui le petit « Farlot » d’hier, éxilé qu’il est au bords de la Provence mais toujours très attaché à sa ville natale.