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Monsieur Georges, comme avait décidé de l’appeler Monsieur Roger Caire, devenu son ami, est décédé d’un accident domestique. Une mauvaise chute a eu raison de cet homme qui avait bravé pourtant bien  d’autres dangers. Il repose en paix aujourd’hui aux côtés de son épouse.

Georges Grataloup est né à la sortie de la 1° guerre mondiale, le 4 novembre 1920, dans un foyer de fabricants de chapeaux chazellois. Après des études commencée à l’école laïque de Chazelles, il a poursuivi celles-ci  au lycée à Saint-Etienne pour rentrer ensuite comme chapelier dans la maison familiale qu’il a quitté quand celle-ci a fermé pour continuer son activité dans le cadre de la Maison Morreton puis à la SIC jusqu’en 1967. De son union avec Claudia, il aura 4 filles, des petits enfants et arrière-petits-enfants : un jolie famille qui le pleure aujourd’hui.

Lorsqu’en 1942, en pleine seconde guerre mondiale, il est appelé à effectuer son service en Allemagne dans le cadre du recrutement forcé des ouvriers par le régime de Vichy et l’occupant allemand en zone libre, il fuit de Chazelles et part se cacher en Anjou, zone occupée. Il revient à Chazelles afin d’intégrer ensuite le groupe des résistants locaux : le GMO-Liberté, unité combattante mise en place dès 1944 par le commandant Marey avec pour chef local, Adrien Monier, représentant en vente de poil animal pour le feutrage, qui est aussi un peintre et un poète. Il participera dès lors à toutes les actions du groupe dirigées contre l’occupant allemand. Ces années de Résistance liées à un engagement fort le marquent beaucoup. Il n’en tire ni gloire, ni titre mais de solides amitiés avec ses compagnons.

A la fin de la seconde guerre mondiale, il reprend ses activités professionnelles de contremaitre en chapellerie. C’est aussi comme tout bon chazellois un passionné de football. Il a pris sa licence, à Chazelles, en 1937 !  Il ne manque aucun match mais s’occupe aussi assidument de l’association sportive de Chazelles, section football, l’ASC, ce qui l’oblige à jouer régulièrement contre La Vaillante, autre club de football de la ville, amenant les équipes à des troisièmes mi-temps qui durent jusqu’au match de l’année suivante.

ASC 1920L’équipe de l’ASC , l’année de sa naissance, en 1920

chales et georges grataloupLes deux cousins Charles et Georges Grataloup à l’ASC

On est au pays de Don Camillo à cette époque avec une lutte farouche, non fratricide bien sûr, et entre les « laïcs » et les « calotins ». Tout est doublé à Chazelles : le football, la musique, la gymnastique, les boules, chacun étant fortement ancré dans ses convictions. Georges Grataloup est de ceux qui vont œuvrer pour la disparition de ces doubles entités. Il a ainsi œuvré aux côtés d’Henri Grangy, président de l’ASC et de Jean Bruyère, président de la Vaillante, pour que ces deux clubs chazellois fusionnent en 1966 et donnent naissent au Football Club de Chazelles (FCC) dont il a continué d’occuper le poste de secrétaire général jusqu’au moment où il a été appelé à prendre la présidence de 1975 à 1987. Il en était encore actuellement le Président d’honneur. Cette œuvre de regroupement associée à un engagement fort en faveur de la jeunesse sportive lui a valu en 2016 la médaille d’or de la Jeunesse et des Sports.

Passionné de jeunesse et d’éducation il est nommé en 1971 sous la municipalité d’Armand Bazin, délégué départemental de l’Education Nationale (en continuation avec la fonction que détenait déjà son père) et à ce titre-là, côtoie tous les enseignants et directeurs d’école. Déjà ami de l’école publique, président des DDEN, il en devient un des représentants, veillant aux bonnes conditions de vie des enfants, à l’école et autour de l’école. Il ne quittera jamais ce poste, président d’honneur par la suite, malgré sa demande à devenir membre honoraire et même si la fonction est aujourd’hui assurée par Mr Roger Caire, ancien instituteur. Officier des Palmes Académiques, toujours resté très proche des milieux enseignants et de la jeunesse. parent d’élèves, il a milité à la FCPE et a toujours défendu l’école  publique et laïque, synonyme pour lui de liberté.

 42 ans au service de l’éducation

 

C’est en homme apaisé aimant et aimé de sa famille qu’il a poursuivi une vie sociale chazelloise bien rempli. Il n’a jamais manqué au moins depuis la création de la FNACA, nous a dit Mr Chanavat, son président, la moindre commémoration officielle demandant un salut au drapeau de la nation. De mémoire plus ancienne, la même constatation est faite.

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Sa retraite tranquille a été occupée par sa passion du football, de la quinche, des rencontres avec  les scolaires pour les imprégner de tolérance en inhibant l’esprit de revanche. Elle s’est passée aussi vers Sète et l’étang de Thau dans la joie familiale, les pêches et les soupes de poissons.

Malgré ses nombreux ennuis de santé invalidants, il tenait fermement sa maison dans un ordre parfait. Grand patriote à l’esprit rassembleur,  il ne se plaignait jamais pour lui-même, s’inquiétant toujours des autres.

Sa mémoire intacte et ses souvenirs puissants manqueront à Chazelles, car un pan entier de l’histoire de la ville est parti avec lui, tant il restait discret et respectueux.  Oui, Monsieur Georges, vous étiez un sacré bonhomme. Que les messages intelligents de tolérance et de respect de l’autre que vous avez diffusé votre vie durant restent présents dans l’esprit de ceux que vous avez touché votre vie durant.