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Notre Dame de Lourdes veille sur les Monts du Lyonnais.

Nous vous avons déjà présenté une Madone: Notre de Dame de Fourvière à Chazelles

Voici une autre Madone: Notre Dame de Lourdes qui veille aussi sur cette commune. Encore une, me direz-vous! Il faut dire que la région est imprégnée de la Vierge Marie et que peu de lieux, peu de familles de nos Monts du Lyonnais sont sans lien avec cette figure religieuse.  Fait marquant: cette statue fait suite à une « guérison ».

Toutes sont des « Madone »: représentations de la vierge Marie. C’est un mot d’origine italienne qui est utilisé primitivement pour signaler les statuettes de la Vierge placées dans une niche sur les voies publiques. Or nous savons  par une ancienne lettre provenant de la famille Berne et de la fin du 19° siècle (bien avant la mise en place de la Vierge de Fourvière en 1909, route de Saint Galmier qui avait d’ailleurs précédé la construction de l’école des Frères Maristes entre 1928 et 1930) qu’il existait une Madone de ce type sur cette route, mais du côté opposé, dans la facade d’une maison de Claude Berne où il est décédé en 1878. Il était né en 1790 à la ferme de Montalègre où il fût ensuite métayer-agriculteur comme son père. 

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CP collection personnelle Marc Valla. Route de Saint Galmier (postérieure à 1909, la vierge de la Mission 1909 est en place à droite). On distingue dans la facade de la maison à droite une niche.

C’est probablement cette statuette de la Vierge en niche qui est à l’origine du nom de quartier de la Madone donné à cette fin de la ville dès la fin du 19° siècle et non la « Madone » de 1909. Pour preuve:

… »Grand-père Claude, très beau vieillard, avait fini sa vie dans sa maison à la Madone sur la route de Saint Galmier. Je l’avais accompagné toute petite, avec ma soeur Louise au mariage de Jean-Marie, notre cousin germain » … (1888)

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Partie du cadastre dit de Napoléon (1829). On voit bien la ferme de Montalègre et la route de Saint Galmier pratiquement vide de tout bâtiment comme la route de Bellegarde. C’est entre ces deux routes que se construiront à la fin du 19° et au début du 20° siècle le chateau et les usines Blanchard, tandis que la route de Saint Galmier se bordera de maisons depuis le « fond de ville » à partir de la seconde moitié du 19° siècle. On remarquera que la route de Chevrières n’est pas encore ouverte au moment de l’établissement du cadastre.

Celle-ci a aujourd’hui disparu et selon les anciens chazellois qui l’ont bien connu, elle se trouvait très probablement sur la facade de la maison actuelle de la famille Clapeyron (?), d’ailleurs parente aux Berne.

Bien sûr dans cette époque lointaine , il n’y avait pas de « château Blanchard » ni d’usine attenante, le tout ayant été construit à la fin du 19° et au tout début du 20° siècle.

La « Madone » de Jancenay

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carte locale (Geoportail)

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modèle de 160 cm à 2580 euros sur site

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Notre Dame de Lourdes à Jancenay

A Jancenay, lorsque l’on descend vers la Coise et le  Grand Moulin, on trouve au niveau d’une fourche que forment deux chemins une stèle qui supporte une statue représentant la Vierge de Lourdes. Elle est peinte en blanc. Ce n’est donc pas son exacte représentation. Elle était en effet apparue en 1852 à la jeune Bernadette Soubirous toute vêtue de blanc, avec une ceinture bleue, une rose jaune sur chaque pied et portant un chapelet à son bras. Peu importe…Tous les témoins oculaires de l’époque l’ont toujours vu ainsi.

Cette statue avait été commandée en 1941 par Maurice Berne, agriculteur au Grand Moulin sur Jancenay, hameau de Chazelles. C’était l’arrière petit-fils de Claude Berne, cité plus haut. Il était marié à Benoite Vernay. Son frère, Laurent Berne, était tout près, à la ferme du Magat (1) comme d’ailleurs une autre frère François (2) qui avait aussi une ferme sur Jancenay. Ils avaient d’autres frères et sœurs dont Claude-François, fondateur de la société de matériaux de construction (3) transmise plus tard à son fils Paul et aujourd’hui tenue mais un peu modifiée dans sa production par ses petits-enfants.

En 1940, Maurice tombe gravement malade et est atteint d’une infection gravissime chez l’adulte à cette époque: la scarlatine (la penicilline n’est arrivée qu’après la seconde guerre mondiale, vers 1946). La médecine ne peut pas grand-chose et la famille se tourne vers la Vierge de Lourdes pour implorer sa guérison. Maurice et les siens promettent que, celle-ci obtenue, ils feront ériger sa statue sur un de leurs terrains au niveau des chemins signalés plus haut.

En 1941, Maurice est totalement et miraculeusement rétabli selon la famille. Celle-ci commande alors une statue. Elle sera livrée  cette même année. Une nièce, Marie-Marguerite Berne, sœur d’Armand Berne et fille de Laurent, future épouse Lafond, était chez son oncle Maurice le jour de la réception de la très grosse caisse en bois qui contenait la Vierge. Elle avait alors 6 ans et s’en souvient.

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Notre Dame de Lourdes à Jancenay

La Madone est ensuite placée sur un socle en maçonnerie au bord du chemin, sur les terres de Maurice Berne. Plus tard, il vendra ce terrain  à la famille Guillot-Moulin qui rajoutera son nom sur la plaque votive.

Elle a fait jusqu’à ces dernières années l’objet d’un culte régulier: les prêtres y descendaient  en procession pour une bénédiction annuelle. Elle était aussi implorée particulièrement en cas de sècheresse.

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Plaque votive

En descendant sur les bords de la Coise par le chemin de Jancenay, arrêtez-vous vers cette Madone: vous en connaissez maintenant l’histoire, le coin est tranquille, très bucolique et reposant. Là encore, plus guère de temoins de cette époque et bien sûr plus d’acteurs.

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Notre Dame de Lourdes veille sur Chazelles (dans le fond de l’image)

 (article écrit à partir de confidences d’ Armand Berne (1924), fils de Laurent)

(1)Laurent Berne, après avoir été jardinier puis métayer de Jules Blanchard, le chapelier, après son mariage avec Antonine Mazoyer de Bellegarde, cuisinière du même industriel, rencontrée au Château, avait acheté en 1933  la ferme du Magat, peu distante de celle de ses frères Maurice et François.

(2)François Berne est arrivé à Jancenay en 1931 un peu après l’installation de son frère Maurice en 1930 au Grand Moulin. Il était auparavant à la Thivillière, puis à Merlançon et ensuite à La Tour. Il est à noter que beaucoup de ces fermes sur Jancenay et La Chèvre avaient appartenu aux Blanchon dits Montfuron et alliés (2 fermes à St Denis sur Coise, fermes Poncet, Dupuy, Ponchon, Ferréol, Berne et 2 sur La Chèvre notamment… à confirmer ?). 

(3) Il achète vers 1928 une machine à fabriquer les parpaings pour la construction des maisons et en commence le négoce. On peut la retrouver exposée  en état de marche à «La Route du Pisé» au lieu-dit le Feuillat à Viricelles. Elle est parfois mise en marche à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine. Se renseigner auprès de l’Association.