machine chapeau bis

Pour les artistes du crû aussi, l’imprégnation chapelière a été totale. Cette machine à faire les chapeaux ne vous rappelle-t-elle pas une autre oeuvre d’un artiste né à Chazelles passée dans nos articles et que l’on retrouve aussi sur son site?

Une bien intéressante « trouvaille » dans les nombreux documents que nous apportent en lecture les Chazellois à la permanence de l’Association PHIAAC dans son local à la Maison des Associations, Avenue E. Peronnet, chaque premier vendredi de mois entre 9.00 et 12.00 heures ! C’est un petit journal de quelques feuilles ronéotypées  qui complète heureusement un morceau ancien et peu connu de l’histoire de Chazelles.

Nous sommes en mars 1940. La guerre a été déclarée et la France est entrée dans le conflit. L’armée de terre française déployait, de la frontière suisse à la mer du Nord, 2 240 000 combattants groupés en 94 divisions dont 20 d’active et 74 de réservistes. 

L’essentiel des troupes est monté à l’est et au nord du pays pour activer la ligne Maginot construite au décours de la 1°guerre mondiale et sensée assurer la protection contre une agression allemande. Un corps expéditionnaire est parti en Scandinavie dont la Norvège. Il faut rajouter l’armée des Alpes, face à l’Italie, et les 600 000 hommes dispersés dans l’empire colonial français.. La bataille de France qui débute en mai 1940 voit la destruction de l’essentiel des armées françaises en quelques semaines, ce qui pousse le gouvernement français à demander l’armistice, qui sera signé le 22 juin de la même année. 

Il est très probable qu’au début de l’année 1940, des hommes de la défense passive instaurée depuis 1933 se soient installés dans l’usine de chapeaux Provot, alors désaffectée. Elle venait d’être vendue depuis 1938 (?) à la Société KLG. Avait-on déjà commencé la fabrication de bougies d’allumage? Toujours est-il que notre petite revue signale que des soldats sont les nouveaux locataires de l’usine pour en protéger les cheminées et installations d’éventuels bombardements allemands au cas où ceux-ci penseraient que l’on fabrique dans cette enceinte industrielle des canons. Le rédacteur précise qu’à Chazelles on ne fabrique pas des canons: on les boit!

Ce petit journal de la CFTC Chapellerie distribué aux chapeliers mobilisés pour entrer dans cette « drole de guerre » donne aussi à ces soldats les dernières nouvelles du pays.

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La Fabrique Française de Chapeaux Feutre et Laine d’Eugène Provot aura été transformée en caserne avant de devenir une fabrique de bougies d’allumage!

Les vieux chazellois se souviennent de la présence de ces soldats  qui possédaient, selon les souvenirs de certains, des uniformes en drap bleu marine avec un calot. Nous vous en dirons plus après le résultat d’une enquête auprès d’acteurs de l’époque. Ils sont de plus en plus rares à rechercher dans la population des personnes nées avant 1924/29 qui avaient alors au moins 10 ans.

Ce périodique nous rappelle aussi que le patois local issu de la langue franco-provençale était un mode courant de dialogue il n’y a pas si longtemps. Nous avons réalisé une traduction corrigée et validée par Claude Longre, le spécialiste de cette langue ancienne qui reprend vie sous l’impulsion d’une Fédération.

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A noter que la Fête Internationale du Franco-Provençal se tiendra  à Saint-Etienne en septembre 2016.