Préambule

L’héraldique est la science du blason, c’est-à-dire l’étude des armoiries (ou armes). C’est aussi un champ d’expression artistique, un élément du droit médiéval et de l’Ancien Régime. Actuellement, elle constitue une science auxiliaire de l’histoire au même titre que la sigillographie, la diplomatique, etc. L’héraldique s’est développée au Moyen Âge dans toute l’Europe comme un système d’écriture et de lecture cohérent afin  d’identifier les personnes, les lignées ou les  collectivités. Peut-être utilisée au XII° siècle par les chevaliers pour se reconnaitre grâce à leurs écus, elle a intéressé progressivement les nobles, les bourgeois, les paysans, les communautés puis les corporations de métiers mais aussi les  villes et les régions. Ce n’est vraiment qu’à partir de Louis XI (1423-1483) et la naissance de l’Etat-Nation que cette « langue » prend de l’importance.

 Les armes de la ville de Chazelles-sur-Lyon.

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Chazelles présente sur différents bâtiments publics des écus qui la représentent. Il y en a notamment un sur la facade de l’ancienne caserne des pompiers et un autre au sommet de celle de l’ancienne école des filles, aujourd’hui maison des Associations « Les Tilleuls » à l’angle de l’avenue des Tilleuls et du boulevard E Peronnet. Ces deux ont la particularité de montrer un lion couché mais en sens opposé: pour le premier la tête est à gauche et de profil, pour le second la tête est de face et sur le coté droit de l’écu. On trouve aussi des armes caractéristiques de la ville entourées de feuillage et/ou parfois surmontées d’une couronne faite de tours alternant avec des murs Enfin la symbolique peut devenir très simple avec uniquement un lion et une tour.  

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Nous avons voulu savoir si ces écus parfois différents mais présentant toujours  deux mêmes sujets, une tour et un lion, étaient caractéristiques de la ville de Chazelles. Des anciens décrivaient aussi très simplement la ville avec une locution latine ; « Castellum supra leonem » dont la traduction littérale serait « un village fortifié comportant un château reposant sur un lion » ( le castellum avec son castrum est une unité plus petite que l’oppidum et donne plus tard en français le mot château). Tout cela correspond bien à la représentation héraldique que l’on connait. 

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Quelques définitions préalables

Les armes sont des symboles ou des figures qui sont peints sur un écu. Elles doivent pouvoir être décrites dans la langue du blason et désigner quelqu’un ou quelque chose. Elles ont le même rôle qu’une marque ou un logo.  Elles vont donc permettre d’identifier une personne physique ou morale, une maison, un village ou une ville voire une corporation.  Les armes sont la propriété de celui ou celle qu’elles représentent.

L’écu ou écusson est l’élément central et principal des armoiries, c’est le support privilégié sur lequel sont représentées les armes.

Enfin au sens strict, le blason est l’ énoncé  oral ou écrit des armoiries avec une description faite selon le langage technique héraldique.

Quelques termes:

  • La burelle est un cloison en bande, couchée horizontalement que l’on trouve à Chazelles sous le lion
  • Les principaux émaux utilisés en héraldique se répartissent en 3 catégories, les métaux, les couleurs et les fourrures. Chacun possède un nom qui est propre à son utilisation héraldique ainsi qu’un code graphique standard pour les représentations en noir et blanc. Ainsi pour Chazelles le gueules correspond au  rouge, et  le sable correspond au noir: celui que l’on voit à travers les fenêtres de la tour. Des traits noirs verticaux parfois observés et en forme de peigne sont la traduction héraldique en noir et blanc de la couleur gueules.
  • On dit « brochant sur le tout » d’une pièce posée sur d’autres et traversant l’écu. Ainsi le lion de Chazelles posé devant la burelle et la tour est dit: brochant sur le tout.

Tels sont  quelques élements héraldiques qui permettent de blasonner l’écu de Chazelles.

« de gueules à la burelle abaissée d’argent soutenant une tour de même maçonnée, ajourée et ouverte de sable au lion d’or couché au pied de la tour, brochant sur le tout »

L’écu est d’autre part surmonté d’une couronne formée de tours et de murs, attribut des villes libres. Elle comporte un mur crênelé et trois tours: une centrale et deux autres aux extrémités du mur: c’est l’écriture pour une simple commune.

L’avis de Jean Mirio

« L’auteur de le composition a respecté les conventions héraldiques. Il a obtenu des armes parlantes ou allusives au nom de lieu. Chazelles vient de Casa, c’est-à-dire d’une maison d’une certaine allure (le château par exemple) d’où la tour. Quant à la présence du lion, celui-ci, dans le bestiaire héraldique, symbolise la vigilance, la fureur parce qu’il ne dort pas et il repose les yeux ouverts. Il est là pour garder le domaine primitif. Chazelles était une petite ville murée d’où les armes timbrées d’une couronne murale. L’écu est entouré d’une branche d’olivier  (symbole de la prospérité)  et de chêne (symbole de la force) toutes deux fruitées. Dans l’art héraldique tout a un sens très précis mais il faut connaitre le langage un peu barbare pour certains. La légende des armes est parfaite : [de gueules à la burelle abaissée d’argent soutenant une tour de même maçonnée, ajourée et ouverte de sable au lion d’or couché au pied de la tour, brochant sur le tout] ».

Rangeons nous à l’avis des spécialistes. L’écu de Chazelles-sur-Lyon est bien écrit. Celui qui nous parait le plus complet est figuré ci-dessous. Nous vous le soumettons.

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Notons que la position de la tête du lion n’a, pour Jean Mirio semble t-il, aucune importance: dans tous les cas il veille et attention!

Il se peut que les avis divergent sur ces conclusions. Ainsi des informations complémentaires ou contradictoires sont les bienvenues pour étayer cet article. Merci de prendre contact avec PHIAAC en écrivant à  phiaac42140@gmail.com