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Rochefort près de Saint Martin-en-Haut photo PM

Ce « haut lieu » des Monts du Lyonnais, sur la commune de Saint Martin-en-Haut, est un des symboles de son patrimoine. C’est un site classé et protégé, Rochefort est devenu au fil des ans un lieu de visite à ne pas manquer dans cette région. Lorsqu’on monte de Lyon  depuis Thurins, on aperçoit à la sortie d’une longue ligne droite sa chapelle accrochée à la montagne. La vue est impressionnante et le clocher attire quand il perce bientôt le ciel  lorsque l’on passe à son aplomb. 

Histoire de Rochefort

La présence d’habitants sur la commune semble remonter à la Préhistoire. Un menhir a en effet été retrouvé récemment. Il se trouve aujourd’hui sur le parc de la Liberté à Saint Martin en Haut. On trouve des vestiges de l’époque romaine sur la commune dont des restes de la voie romaine dite « Aquitaine » que l’on peut découvrir en différents lieux-dits : Croix-Foret, Fontfroide, Le Suc et La Chèvre. En 843, la région est incorporée à l’Empire de Lothaire, petit-fils de Charlemagne. La Baronnie de Rochefort reste propriété de l’Archevêque de Lyon en 1173 à la suite de la Permutatio, traité qui met fin aux luttes incessantes entre Comtes du Forez et Archevêques de Lyon. Renaud de Forez, archevêque de Lyon nomme un capitaine châtelain, chargé de gouverner, au nom d’un chanoine Obéancier, ce petit territoire : Gilet d’Albon (dont on peut voir les armes en divers endroits du donjon), puis son neveu Renaud d’Albon marqueront le plus Rochefort. Le mandement de Rochefort englobe à l’époque quatre clochers: Rochefort, Saint Martin, Duerne et Rontalon, ainsi qu’une partie de Thurins, d’Yzeron et d’Aveize. L’ apogée du village se situe au XIV° et XV° siècle. Après la guerre de Cent Ans, il s’éteint mais reste cour de Justice jusqu’à la Révolution. Il est rattaché à Saint Martin en Haut en 1814.

Le site de Rochefort

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Le site sous ciel bleu et ciel gris photo PM

Le site se compose principalement d’une église, lieu de pèlerinage très fréquenté autrefois  et de ruines d’une forteresse servant à la défense d’un petit village.

La chapelle de Rochefort

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La chapelle vue du presbytère photo PM

La Chapelle de Rochefort a été batie au XIII° siècle sur l’imposant rocher à pic qui surplombe à l’est la vallée de l’Artillat. Elle est tournée vers l’est et le Mont Blanc. Elle dépendait du Chapitre de Saint-Just et du Cartulaire de Savigny. La tradition locale dit que Saint Martin, évêque de Tours, a parcouru le pays lyonnais à la fin du IVème siècle et que sa mule aurait laissé les empreintes de ses sabots au lieu-dit « le rocher de la force » à l’emplacement même où fut construite la chapelle romane de Rochefort. Il est allé ensuite à Duerne où il autait aussi frappé du pied!

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Les rochers sous l’église et murs du presbytère photo PM

La première chapelle comportait une nef et une chapelle latérale. Au  XVI°  siècle, on y a rajouté  la seconde chapelle, jouxtant la première, à droite de la nef et dédiée Saint Joseph  En 1807, Rochefort perd son rang de paroisse, n’est plus entretenu et est abandonné en 1823.

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L’intérieur de la chapelle et chapelle Saint Joseph

En 1850 , l’abbé André Brunel , curé de Saint Martin, entreprend  sa restauration. En 1851, il installe un chemin de croix et il y rétablit des pratiques religieuses  avec notamment des prières à Notre Dame de Pitié installée dans la première chapelle latérale  dont  le culte n’avait jamais cessé. En 1887 , le curé Faure modifie le clocher en y mettant une flèche gothique octogonale remplaçant ainsi le  toit primitif à quatre versants en pente. Une cloche de 1615 y a trouvé place. Elle porte l’inscription :« Je pleurerais les défunts et j’avertirais les vivants, je disperserais les nuages et je repousserais les tempêtes ».

La chapelle de Rochefort était autrefois un lieu fréquenté par les pèlerins en route pour Saint Jacques de Compostelle comme en témoigne un vitrail du chœur et les piédroits de la première chapelle.

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Témoignages jacquaires; Saint Jacques et coquille Photo PM

On y trouve deux objets classés aux Monuments Historiques :

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Le vitrail, La Piéta photo PM

  • un vitrail

La fenêtre du chœur est divisée en deux baies par un meneau et surmontée d’ajours. Elle inclut un précieux vitrail du XVème siècle classé depuis 1904. A gauche on a une scène de crucifiement. Un pélican symbolique abreuve ses petits du sang. Au-dessous, Sainte-Catherine s’appuie sur le glaive. A droite deux figures debout occupent la partie centrale. Saint Jacques est en costume de pèlerin tenant d’une main une sorte de houlette et de l’autre un livre de prières. Saint-Michel écrase sous ses pieds un monstre. En dessous c’est Saint-Laurent qui tient à la main le gril, emblème de son martyre.

  • la Piéta

Elle est située dans la 1°chapelle. Elle date du XV°/XVI° siècle. C’est une sculpure polychrome de deux blocs de pierre représentant une vierge aux mains jointes, vêtue d’une longue robe pourpre et d’une guimpe qui lui couvre le cou. Derrière un angelot tient la tête du Christ. Cette scupture a été restaurée en 1955 et en 2009. Elle est classée depuis 1981. C’est Notre Dame de Pitié ou Notre Dame de Rochefort.

Dans cette chapelle, à la croisée des ogives est suspendue en fausse clef pendante une statuette en pierre qui représente  Dieu tenant la Terre sur son genou gauche tandis que la main droite repose sur un livre. Les quatre culs de lampe servant aux ogives représentent deux angelots qui semblent avoir été défigurés. Les deux pilastres à l’entrée de la chapelle portent, à la naissance de l’arcade, une petite sculpture en forme d’écu dont la pointe repose sur une coquille de type Saint-Jacques.

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Détails dans la chapelle photo PM

Le château de Rochefort.

Il n’en reste plus grand-chose : 3 pans de murs et les traces d’une cheminée mais on y sent toute l’histoire. Il faut avoir la chance de voir ces restes habités par des centaines de choucas des murailles par un matin brumeux et gris. On y découvre alors un lieu pour fées, lutins et diables d’autant qu’à peu de distance à vue d’œil, on a un amoncellement de pierres  où ne manque que le druide priant un ciel fermé.

Le village fortifié possédait autrefois une enceinte de 350 mètres comportant  quatre portes, un vingtain, une tour au sud-ouest et un donjon. On peut trouver la description de cet ancien château dont la coupe est proposée sur les panneaux explicatifs sur le site suivant :

Descriptif

La croix de Rochefort

En bas du château, la croix de Rochefort, datant du XV° siècle, a été restaurée dernièrement. Elle a la particularité d’être à double face : sur un côté la croix du Christ, sur l’autre la Vierge et Saint-Jean. Elle était tournée pour s’adapter aux différentes fêtes religieuses.

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La croix de Rochefort photo PM

Le site mégalithique de Rochefort

A l’entrée du site on trouve un amoncellement de pierres d’allure générale organisée pouvant correspondre à un site mégalithique religieux ancien.

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Le site mégalithique (?) de Rochefort photo PM

Le Mont Blanc et la chaine des Alpes depuis Rochefort

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le Mont blanc depuis Rochefort photo PM

En lien avec Rochefort

Saint-Martin-en-Haut est la commune de naissance du célèbre Pierre Grataloup : le « Petit Monsieur » ou  « le P’tit Monsu« , chef de la bande des pillards appelés  les Chauffeurs des Monts du Lyonnais. Le nom de leur groupe provient du fait que sous la Révolution française , ces brigands mettaient dans les cheminées des maisons qu’ils visitaient généralement la nuit  les pieds de leurs occupants pour leur faire dire où ils cachaient leurs économies.  

Pierre Grataloup  était né en 1774 à Maintigneux , un hameau de Saint-Martin-en-Haut que l’on traverse sur le chemin de Saint-Jacques entre Lyon et Le Puy.  On y trouve la roche Matiole attribuée à un ancien lieu de culte celtique. L’homme était petit, très vif, intelligent, beau parleur et avait dans sa vie diurne quotidienne une activité  tout à fait respectable de maquignon  d’où le surnom de Petit Monsieur.

Son groupe sévissait dans les Monts du Lyonnais peu après la Révolution, région de refuge des prêtres réfractaires, ce qui lui avait fait donner le surnom de « petite Vendée » d’autant que la population était restée très royaliste.

La bande  se réunissait  avant et après leurs forfaits dans les ruines du donjon du vieux château de Rochefort, leur repaire. Grataloup, arrété en 1800, aurait été guillotiné place des Terreaux à Lyon la même année.

L’Araire avait en son temps publié les aventures de ce brigand écrites par  Joseph Vingtrinier en 1886 et parues en feuilleton.

Le son et lumière de Rochefort

Il a lieu généralement en aout, est réalisé par des centaines de bénévoles et d’acteurs.