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Le logo de la Maison Ecuyer-Thomas

Les recensements nominatifs de chaque commune nous permettent de connaitre beaucoup de renseignements  sur les habitants de chaque maison dans chaque rue.

La base est la cellule familiale :

– adresse

– nom et prénom du chef de famille, son âge (ou l’année de naissance), lieu  de naissance, nationalité, profession

– il en est de même pour chacun des membres de la famille : épouse, enfants, ascendants s’ils vivent avec leurs enfants (souvent la grand’mère)  et éventuellement les domestiques, ou les personnes ayant la même profession et vivant sous le même toit.

Le décor étant planté, le recensement de 1911, à Chazelles-sur-Lyon,  fait état d’un petit nombre d’étrangers :

I couple avec enfants, marchand primeur, venant des Baléares.

3 couples d’Italiens et …

des suisses, oui : des suisses !

Mais depuis quand sont-ils là ?

Le registre d’état-civil de Chazelles-sur-Lyon fait mention, dans l’acte n° 19 du 8 octobre 1838, d’un mariage célébré par Louis DELORME, maire, entre le:

Sieur Auguste ECUYER,

22 ans, ébéniste (*), domicilié à Chazelles depuis plus de 6 mois, né le 8 avril 1816 à Cortaillod – Canton de Neuchâtel (Suisse)

fils de Henri Louis ECUYER, ébéniste, décédé à Cortaillod le 3 mars 1833 et de Marianne BARRET, décédée au même lieu le 4 Aout 1828

Aïeuls paternels : Daniel ECUYER décédé le 23 janvier 1782 à Concise dans le canton de Vaud (Suisse) et Marcelle Marguerite MARTHE, décédée le 5 février 1807 dans la même localité.

Aïeuls maternels : Josué BARRET mort le 17 Juillet 1829 à Bevais dans le canton de Vaud et Anne Marie DUCOMMUN, morte le 27.04.1783 dans la même localité.

(Les documents justifiant de cette filiation ont été légalisés par l’Ambassade de Suisse en France. Les villages suisses cités sont tous situés sur la rive ouest du lac de Neuchâtel ainsi que dans le Val de Travers. Les habitants du canton de Neuchâtel ont opté au XVIème siècle pour la Réforme protestante.)

et Claudine Pierrette AURARD,

23 ans, lingère,  née à Chazelles le 7 Aout 1815 et domiciliée dans la même ville lors de son mariage.

fille de Fleury AURARD, maitre-maçon et propriétaire à Chazelles et de Marie GIRAUD, décédée le 14.08.1825 à Grézieu

Les témoins sont Jacques GIRAUD, 60 ans – Jean-Claude GOUBIER, 64 Ans – Jean- François BESSON,  61 Ans : tous propriétaires à Chazelles.

Tous les intervenants à ce mariage signent, ce qui sera le cas pour tous les actes qui seront enregistrés ultérieurement. C’est rare pour l’époque !

Entre 1839 et 1861, le couple aura 12 enfants, tous nés à Chazelles. Claudine  Aurard, épouse Ecuyer, décède à 70 ans, le 21 aout 1885 à Chazelles. A cette date, son mari est épicier, rue Ramousse dans la même ville.

De leur descendance, 5 couples sont enregistrés par union sur Chazelles :

–   1862 – Marie-Louise Fleurisse ECUYER, déjareuse, avec Pierre COTE, chapelier.

–   1873 – Marie-Joséphine  ECUYER, plieuse en soie,  avec François VETTARD, commis en soierie puis cartonnier

–   1880 – Jacques Marie Pascal ECUYER,  chapelier, avec Louise MARTIN

–   1887 – Marie Antoinette Claude ECUYER  avec Jean-Claude ALLIGIER, marchand primeur, épicier

et :

Fleury-Louis ECUYER,

chapelier, qui se marie en 1892 avec Jeanne-Marie TOINET, chapelière. Ils vont habiter 8 Rue de la Ramousse. Il ont deux enfants:

Marthe ECUYER (**) nait en mars 1893 et    

Maxime Louis ECUYER 

ecuyer2qui nait le 29.12.1895 (Acte 123). Le bureau de recrutement militaire de Montbrison enregistre en 1915, sous le numéro 1036- livre 3,  Maxime Louis ECUYER. Il est incorporé au sein de l’armée française pendant toute la guerre de 1914.1918. Il est rappelé en 1939.

Il se marie le 30.01.1920 à Chazelles avec Marie Joséphine NEEL, et y décède le 29 Avril 1981. En 1920, il est dit chapelier et en 1932, au décès de son père, il est déclaré industriel, lors du décès de son père.

 Il est le père de :

–  Bénédicte-Louise, épouse de Benjamin MONTSERRET, décédée

– Jeanne-Marie, épouse de  Charles GENAIRON, décédée

et de :

René ECUYER,

né le 01.03.1931, époux de Georgette MEYNARD, qui sera le dernier patron chapelier de Chazelles-sur-Lyon.

formes

Les formes utilisées par la Maison Ecuyer-Thomas. Cette manufacture n’hésitait pas a fabriquer des pièces uniques pour satisfaire la demande des créateurs et clients. Photo Beignet: »Le Chapelier » Editions Rustica Les trésors de France 1995

 Voici comment une famille très chazelloise, très ancrée dans le paysage industriel et le tissu social du pays, a d’anciennes racines vaudoises.

 Danielle GOUBIER-GAREL

 PS. PHIAAC et l’auteure remercient Mr René Ecuyer qui nous a donné l’autorisation de publier cette recherche.

 

(*)René ECUYER nous raconte que son arrière-grand-père est venu en France comme menuisier-ébéniste. Il se dit depuis toujours dans la famille qu’il est venu à Chazelles pour une mission en rapport avec l’un et/ou l’autre des deux projets de constructions suivants : charpente du pont de Montrond-les-Bains, clocher de Chazelles. On peut préciser que chronologiquement tout cela est plausible.

Le pont de Montrond sur la Loire ou pont Henri est sujet à réparations depuis la mise en circulation du 1° tramway hippomobile  de Montbrison en 1839. C’est un pont à péage avec un tablier en bois sur piles de pierres. Il est vieux et malade, doit être réparé pour son utilisation par le nouveau transport en commun qui nécessite la pose de rails en fonte très lourds  comme ceux du train tout proche reliant depuis peu Saint-Etienne à Roanne. Ce pont sera finalement totalement refait en 1851.

La transformation de l’église de Chazelles avec construction du parvis, de la 3° nef coté nord, du clocher avec pose des vitraux puis décaissement des nefs, a commencé en 1827 et s’est poursuivie pendant près d’un demi-siècle jusqu’en 1850.

Notre exilé suisse a pu tout aussi bien travailler sur ces deux chantiers demandant des compétences d’artisan du bois notamment pour la gestion des charpentes.

(**)Marthe ECUYER, sœur de Maxime-Louis, a tenu longtemps la petite épicerie familiale à la Ramousse en face de la chapellerie Rivoire. Tous les chazellois connaissaient cette «sainte femme» qui n’a laissé que des bons souvenirs. Les vieux farlots ont encore dans l’oreille le son des clochettes qui accompagnait l’ouverture de la porte d’entrée du magasin.