Histoire du 14 juillet

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Prise de la Bastille par Jean-Pierre Houël https://fr.wikipedia.org/wiki/1789_en_France#/media/File:Prise_de_la_Bastille.jpg

La fête nationale commémore d’abord le 14 juillet 1789, première journée révolutionnaire à portée symbolique. Cet été là, une grande agitation règne à Paris. Face au mécontentement populaire, le roi a réuni les Etats généraux, une assemblée des représentants de la noblesse, du clergé et du tiers-état. Ces derniers demandent une réforme profonde des institutions et, le 9 juillet, se proclament Assemblée nationale constituante. L’initiative inquiète le roi qui fait venir en secret des régiments suisses et allemands à proximité de Versailles. La rumeur court bientôt que les troupes royales se préparent à entrer dans Paris pour arrêter les députés. Le 12 juillet, un orateur harangue la foule qu’il appelle à réagir : c’est Camille Desmoulins, monté sur un tonneau, qui annonce une « Saint Barthélemy des patriotes ». Au matin du 14 juillet, des Parisiens en colère vont chercher des armes aux Invalides, puis se dirigent vers la vieille forteresse royale de la Bastille, en quête de poudre. Après une journée de fusillade sanglante, et grâce au ralliement de gardes nationaux, les Parisiens s’en emparent et entament sa démolition. Au final, ils ne libèrent que quelques prisonniers et malfrats sans envergure. Mais cette vieille prison médiévale incarne l’arbitraire de l’Ancien régime. En l’abattant, les Parisiens font tomber un rempart de l’absolutisme. Et cette journée, qui marque le début de la Révolution, restera dans les mémoires comme un jour de liberté.

Cependant la fête nationale fait aussi référence à une autre événement moins connu : la fête de la Fédération du 14 juillet 1790.

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La Fête de la Fédération, juillet 1790 (Charles Thévenin-Musée Carnavalet)

Depuis l’été 1789, partout dans les provinces françaises se sont créées des « fédérations » régionales de gardes nationaux. Une réaction à l’affaiblissement du pouvoir central. Afin de contrôler ce mouvement spontané, la Commune de Paris, sous l’impulsion de Lafayette, décide de fonder une grande Fédération nationale regroupant des représentants des fédérations locales et de les réunir à Paris le 14 juillet. La cérémonie est censée célébrer la prise de la Bastille, mais aussi apporter un semblant d’ordre et d’unité dans un pays en crise. Le jour dit, 14 000 soldats fédérés arrivent donc à Paris et défilent sous la bannière de leur département, de la Bastille jusqu’au Champ-de-Mars.

Sur une esplanade aménagée pour l’occasion, une grande messe est célébrée, à la suite de quoi le roi Louis XVI jure de maintenir « la Constitution décidée par l’Assemblée nationale ». Les 400 000 Parisiens présents ce jour-là acclament leur souverain : la monarchie n’est donc pas remise en cause. L’aspiration à l’union nationale triomphe et la cérémonie se transforme en grande fête populaire. Mais la réconciliation nationale sera de courte durée. Deux ans plus tard, le roi est arrêté et condamné à mort.

De 1793 à 1803 on va fêter la fondation de la République le 1er vendémiaire  (22 septembre) de chaque année puis en 1806 l’Empereur Napoléon 1° institue la Saint-Napoléon pour le 15 août tandis que le 14 juillet n’est plus commémoré dès 1800. Cette fête nationale persiste jusqu’n 1813.

Puis vient une période pleine d’ambiguité chez les gouvernants avec le désir ou non des rois successifs et des républicains plus ou moins royalistes de faire une fête nationale dont on ne sait pas quelle date choisir. Finalement en 1849 on commémore le 4 mai, jour anniversaire de la proclamation de la République par l’Assemblée nationale constituanteMais en  1852, Napoléon III restaure la Saint-Napoléon.

Il faudra la guerre de 1870 pour que le 14 juillet redevienne une fête nationale et nationaliste avec défilé militaire dans un esprit de revanche vis à vis de la Prusse qui a battu nos troupes. En 1880, sous la IIIe République. le régime, pour se consolider, cherche à construire un nouvel imaginaire national, autour de symboles républicains. C’est ainsi que la Marseillaise devient hymne officiel,

et le 14 juillet est fixé comme la fête nationale non point autour de la date de la prise de la Bastille de 1789, commémoration trop violente , mais autour du 14 juillet 1790, fête de la Fédération.

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La République triomphante préside à la grande fête nationale du 14 juillet 1880. Date de création : 1880 Lithographie en couleur éditée par Daniel Mourgue, 22 rue St-Jacques, Paris.Décor de pastilles métalliques. Lieu de Conservation:  Centre historique des Archives nationales (Paris)

 

Cette année-là la République fait les choses en grand. Le ministre de l’Intérieur prescrit aux préfets de veiller à ce que cette journée « soit célébrée avec autant d’éclat que le comportent les ressources locales ».

Un défilé militaire est organisé sur l’hippodrome de Longchamp devant 300 000 spectateurs, en présence du Président Jules Grévy. Il s’agit de montrer le redressement de l’armée française après la défaite contre la Prusse en 1870.

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14 juillet 1880 par Alfred Roll (Place de la République, Paris) https://commons.wikimedia.org/wiki/File%3ALe_Petit_Palais_-_Alfred_Roll_-_Esquisse_-_Le_14_juillet_1880%2C_inauguration_du_monument_%C3%A0_la_r%C3%A9publique_-_vers_1881_-_001.jpg

On inaugure également le monument surmonté de la statue de la place de la République, et partout sont donnés concerts et feux d’artifices. « La colonne de Juillet » qui surplombe la place de la Bastille, sans rapport avec 1789, porte le nom des victimes des journées révolutionnaire de juillet 1830, les « Trois glorieuses ».

Depuis 1880, la fête nationale n’a plus changé.

L’un des plus beaux 14 juillet de la nation française sera celui du 14 juillet 1919 où les maréchaux Foch, Joffre et Pétain défilent à cheval sur les Champs-Elysées et passent sous l’Arc de Triomphe pour célébrer la victoire dans la Première guerre mondiale.

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Le-défilé-de-la-Victoire-le-14-juillet-1919-François-Flameng https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/ad/Le_d%C3%A9fil%C3%A9_de_la_Victoire%2C_le_14_juillet_1919%2C_Fran%C3%A7ois_Flameng.jpg

 

C’est à ce moment que le traditionnel défilé du 14 juillet prend ses quartiers sur l’avenue la plus célèbre de Paris. Après une éclipse pendant la Seconde guerre mondiale, le défilé du 14 juillet prend son aspect actuel.

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Le défilé dans la soirée du 13 juillet 2015 à Chazelles.

Cette soirée-là, veille du 14 juillet, on faisait autrefois la retraite aux flambeaux et tous les enfants suivaient l’Harmonie, la Gendarmerie, le corps des Pompiers, les associations de gymnastique que devancaient le maire, le clergé et le conseil municipal ainsi que les anciens combattants des précédentes grandes guerres. Chaque petit chazellois portait au bout d’une perche son lampion en papier plissé coloré et faisait, avec l’important cortège des adultes, le tour de la ville.

Disons que les choses ont beaucoup changé aujourd’hui comme les mentalités et le Comité des Fêtes a fait son maximum pour rendre festive cette soirée de défilé. Nous aurons demain un feu d’artifice dont Chazelles s’est fait une spécialité pour le 14 juillet.

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Les courageuses majorettes de Virigneux, les sociétés locales de gymnastique dont la Vaillante Etoile Sportive de Chazelles et les pompiers toujours présents et très populaires assurent le spectacle. Il n’y a plus guère d’anciens combattants si l’on excepte « les anciens d »Algérie ». Ce sont ces grand-pères d’aujourd’hui qui accompagnent leurs petits-enfants, massés comme les autres spectateurs sur les trottoirs pour voir passer le défilé et applaudir ceux qui nous font vivre (mais pour combien de temps encore?) cette fête nationale qui n’est plus dans l’air du temps sous sa forme d’hier!

Heureusement quelques groupes de musique fonctionnent encore pour nous apporter les notes de ces airs populaires qui inondaient autrefois des cortèges festifs et solennels. La clique Notre Dame de Bellegarde était là pour animer la soirée ainsi que le groupe musical de Corbas GAM

Soirée bon enfant où beaucoup de parents sont venus voir évoluer leurs enfants que ce soit sur le char du Centre de Loisirs, parmi les majorettes ou les sections gymniques.

Merci au comité des fêtes.