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La Coise

La Coise coule sur près de 50 kilomètres depuis sa source à près de 900 mètres, sur la commune de Saint-Romain-en-Jarez, dans la Loire, au hameau du Poyard. Elle draine une surface de 340 kms². Elle rentre vite dans le département du Rhône où elle traverse Sainte-Catherine, Saint-Martin-en-Haut, Larajasse, Saint-Symphorien-sur-Coise, Coise puis revient dans le département de la Loire au pont Français en traversant les communes de  Saint-Denis-sur-Coise, Chevrières, Chazelles-sur-Lyon, Saint-Médard-en-Forez, Chambœuf, Saint-Galmier, Cuzieu pour se jeter dans la Loire à Montrond-les-Bains. Elle aura dans son trajet récupéré les eaux de la Platte, du Potensinet, du Coiset, de l’Orzon, de la Gimond (de Chazelles) et de l’Anzieux sur sa rive droite, celles du Rosson, du Couzon, du Bilaize, de l’Arbiche, de la Gimond (de Chevrières) et du Volvon sur sa rive gauche.

Les contours de la Coise, multipliés comme les anneaux d’un serpent, ont fait donner autrefois à la vallée qu’elle arrose le nom de Vaudragon {vallis draconis). D’ailleurs le village de La Chapelle-sur-Coise s’est appelé La Chapelle-en-Vaudragon jusqu’en 1841.

Au long de son trajet on peut rencontrer des mégalithes, telle la pierre de Samson vers Saint-Denis-sur-Coise  ou les « arrangements » du Bois des Roches vers la ferme du Montel à la Chapelle-sur-Coise et les dolmens de Vaudragon (la Vallée du Dragon) à Larajasse qui pourraient témoigner d’une activité religieuse importante au long de cette rivière « sacrée » dans une période très reculée.

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Le dolmen de Vaudragon vers Larajasse et le But de Samson vers Saint Denis-sur-Coise

Il y avait autrefois près de 52 moulins qui tournaient et ont laissé leur nom à différents lieux dits. Ceux-ci, au départ liés à la farine, ont petit à petit diversifié leurs activités se transformant pour certains en battoirs, huileries, scieries, foulons et même centrale électrique au début du XX° siècle. On peut pour certains retrouver traces de leur vie antérieure. Des sentiers de randonnée balisés partant de Chazelles, Saint-Denis ou Saint-Médard permettent de découvrir cette rivière. Tous les renseignements se trouvent à l’Office de Tourisme  de Chazelles

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Le Moulin Feuiller sur la Coise vers Saint-Médard

C’est une rivière poissonneuse qui a fait le bonheur des chapeliers, autrefois. Ils venaient au bord de la rivière, les dimanches, pour des repas familiaux toujours mémorables mais aussi pour pêcher. Avec les boules, c’était le sport favori. On y trouve de la truite , du barbeau, de la tanche et du chevesne par périodes, des vairons et goujons pour la friture et bien sûr des écrevisses à pieds blancs dont la prise est, bien sûr, d’autant plus reglementée que ces décapodes locaux sont en voie de disparition à l’inverse de leurs homologues américains. C’est la « Gaule Chazelloise » qui gère aujourd’hui les baux de pêche entre le Pont Français et le lieu dit « La Thiéry » sur la Coise.  Cette association est l’une des plus anciennes de Chazelles sur Lyon, puisqu’elle a été enregistrée à la sous-préfecture de Montbrison en 1914.  C’est aussi l’une des plus importantes avec près de 350 adhérents. Elle exerce son activité sur près de 50 kilomètres de rivières et ruisseaux comprenant donc la Coise, ses affluents entre Saint- Symphorien et Saint-Galmier mais aussi la Toranche: du Pont de They au pont de la route de Virigneux.

Elle coule dans un paysage ravissant, très verdoyant, varié et accidenté fait de prairies et de bois  où vivent nombre de mammifères sauvages, oiseaux et batraciens. Autour de Chazelles et Saint Médard, notre zone d’intérêt, on peut rencontrer quelques espèces animales spécifiques de la végétation, de la tographie et du climat local. C’est le cas  du « sonneur à ventre jaune » qui se reproduit sur ce site, dans des flaques d’eau temporaires ou des mares . Ce crapaud, au ventre jaune ponctué de noir hiberne d’octobre à mars-avril, enfoui dans la boue, sous les feuilles ou dans la terre humide. Il peut vivre une trentaine d’années. L’Aeschne paisible, grande libellule de 10 cm d’envergure de couleur vert pâle, est très fréquente le long de la Coise. Dans le bois de Pulchère on trouve le faucon hobereau, l’autour des palombes et nombre d’oiseaux forestiers  comme le pic noir, la grive musicienne, la bergeronnette des ruisseaux, les nombreuses mésanges, la chouette chevêche d’Athéna, la huppe fasciée, l ’effraie et le hibou moyen-duc. On peut lire tout cela dans un rapport de juin 2011 de l’association LIANE de Chazelles et on peut rencontrer tous cette faune à l’occasion de promenades sur les sentiers balisés.

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La Coise en hiver

Les paysages autour de la Coise n’ont guère changé au fil des années. Vous trouverez toute la collection des cartes postales anciennes de la Coise autour de Chazelles dans le site de Chazelles-Histoire

La rivière a bien sûr inspiré nos poètes, auteurs compositeurs locaux.

Chanson 

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La chanson est en patois mais se lit facilement, c’est un excellent exercice pour commencer à apprendre le patois.

Rions: une petite histoire judiciaire

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Un gendarme à la fin du XIX° siècle

A la fin du siècle dernier, il y avait beaucoup de beaux poissons dans la Coise et beaucoup de braconniers.

Le beau geste d’un gendarme qui a sauvé un poisson!

Cour d’appel de Lyon. Audience du 11 août 1890 sous la présidence de M. Sauzet.

PÊCHE.-DELIT- Engin prohibé établi par une autre personne.-Recherche du poisson à l’aide de l’engin placé par un tiers.

Il n’est pas nécessaire pour constituer un délit de pêche que le prévenu ait lui-même établi l’engin prohibé, ni qu’il ait réussi à capter le poisson ; il suffit qu’il ait recherché le poisson avec un engin prohibé, alors même que cet engin aurait été établi par un autre délinquant.

La Cour a ainsi jugé par réformation sur l’appel interjeté par le Ministère public d’un jugement rendu par le Tribunal de Montbrison.

ARRÊT

Considérant qu’il résulte du procès-verbal dressé le 24 juin 1890 par la gendarmerie de Saint-Galmier qu’un barrage avait été établi sur toute la largeur de la rivière le Coise, dans le but de rassembler le poisson et de le contraindre à passer par une ouverture laissée au milieu et fermée par un filet en forme d’entonnoir destiné à le capturer ;

Que Badoit (Barthelemy) a été surpris ledit jour au moment où il venait de visiter, de replacer et disposer à nouveau ce filet ;

Que tout en niant avoir organisé le piège, il a reconnu les faits et déclaré à la gendarmerie qui, s’il y avait eu du poisson dans le filet, il s’en serait emparé ;

Considérant qu’il n’est pas nécessaire pour constituer le délit que le prévenu ait lui-même établi l’engin, ni qu’il ait réussi à capturer du poisson ; qu’il suffit qu’il ait recherché le poisson avec un engin prohibé, alors même que cet engin aurait été établi par un autre délinquant ;

Que si Badoit n’a pas pu tirer profit de la pêche, c’est parce que les gendarmes, qui étaient en observation, venaient de rejeter dans la rivière le poisson capturé par l’engin ;

Qu’en retirant et visitant le filet, le prévenu a fait acte de pêche et s’est servi d’un engin prohibé ;

Considérant qu’il y a lieu d’accorder les circonstances atténuantes ;

Par ces motifs, la Cour, faisant droit à l’appel interjeté par le Procureur de la république de Montbrison ;

Réforme le jugement rendu par le Tribunal de Montbrison le 21 juillet 1890 ;

Déclare Badoit (Barthelemy), coupable d’avoir le 24 juin 1890, à Chazelles-sur-Lyon, péché dans la rivière la Coise, à l’aide d’engins prohibés ;

Délit prévu et punit par les art 15 du décret du 10  aout 1875, 24 et 28 de la loi du 15 avril 1859, dont il a été donné lecture à l’audience ;

Dit qu’il y a des circonstances atténuantes et  faisant application des articles ci-devant visés et de l’article 72 de la loi du 15 avril 1829 ; 

Condamne Badoit (Barthelemy) à 16 francs d’amende ; Prononce la confiscation de l’engin ; 

Condamne Badoit aux dépens ; Fixe au minimum la durée de la contrainte par corps.

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