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Le syndicalisme en chapellerie: « une » vision de son histoire.

En 1895, le congrès national des syndicats de France qui se tient du 23 au 28 septembre 1895 à Limoges est le congrès constitutif de la Confédération générale du travail (CGT). On arrive à  unifier le mouvement syndical après le congrès de Lyon, en 1886, qui, lui, avait décidé de la création d’une Fédération nationale des syndicats et groupes corporatifs de France et des Colonies. La CGT va réunir les délégués de 28 fédérations d’industries ou de métiers, de 18 Bourses du travail et de 126 syndicats non fédérés. Les statuts  votés lors du congrès, stipulent que la «Confédération générale du travail a exclusivement pour objet d’unir, sur le terrain économique et dans des liens d’étroite solidarité, les travailleurs en lutte pour leur émancipation intégrale». En 1912, la CGT compte 700 000 membres sur les 7 millions de salariés que compte le pays soit 10% d’adhérents. Après la première guerre mondiale, son audience va  croissante. C’est la seule confédération syndicale en France jusqu’ en 1919 où apparait une scission avec la création de la CFTC.

Le mouvement syndical chapelier est très fort à Chazelles avec l’Union des ouvriers et ouvrières en Chapellerie qui n’adhère cependant à la CGT qu’en 1907 après le 13ème Congrès de la Fédération Nationale de la Chapellerie qui s’est tenu dans la cité des « Farlots » du 15 au 21 juillet 1906. Sa section devient alors très puissante et recueille, à cette époque, l’adhésion de près de la moitié des salariés (1200 sur les 2500), à comparer aux chiffres prédédents.

Dans les quelques notes qui vont suivre, tapées à la machine par une ancienne ouvrière syndicaliste chazelloise, on note la présence d’Antoine Vacher, celui qui possède à Chazelles une rue à son nom. Cet homme dont on aura l’occasion de reparler, a été une figure marquante de la ville avec la création de jardins et de maisons ouvrières dans la cité, le début du patrimoine de la Société des  HLM de Chazelles. Initialement inscrit à la CGT, fervent catholique, il trouvait que l’orientation anti-cléricale devenait à l’époque de plus en plus prononcée. Il avait alors fait scission très tôt en 1913  pour former l’Association Catholique Ouvrière, puis l’Association des Ouvriers et Ouvrières en Chapellerie avant le syndicat CFTC-Chapellerie. Antoine Vacher dit « le père Vacher » est décédé en 1921. Il a marqué le paysage social de la région associé à Marius Gonin avec ce que l’on a appelé le « Catholicisme Social » (*).

La lecture de ces notes retrace « une » des ambiances dans  la chapellerie sur plus d’un demi-siècle. Bien sûr, celle-ci est probablement partielle et partiale mais elle nous éclaire sur l’activité syndicale forte qui a toujours prévalu à Chazelles avec des différences très marquées entre deux camps qui savaient pourtant toujours se rejoindre quand il s’agissait du travail dans leur ville et s’il fallait le préserver. Il l’ont aussi prouvé au sein de la Résistance avec des objectifs identiques.

(*) CENT ANS DE CATHOLICISME SOCIAL A LYON ET EN RHÔNE-ALPES La postérité de Rerum novarum, Jean-Dominique Durand. Editions de l’Atelier, 1992

Le document qui suit est un peu long et difficile à lire (nous avons volontairement respecté le document) mais il nous apprend beaucoup.

Naissance de la CFTC et la suite….