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Les Etablissements Morreton ont été fondés en 1863 par Jean-Antoine Morreton à Chazelles et se sont immédiatement consacrés à la fabrication de chapeaux en velours taupés et flamands longs poils. En 1880 l’usine ouvre un secteur de chapeaux pour femmes qui demande un atelier de teinturerie très performant pour obtenir la gamme des coloris réclamés par une mode très mouvante. Elle en est la pionnière. A la mort de son fondateur en 1907, Dominique, son fils aidé quelques années par son frère Francis (mort en 1915) reprend l’affaire et ouvre aussi un secteur de chapeaux de paille tout en continuant les feutres et la gamme féminine. Sa filiale de Montluel se spécialise dans le chapeau melon avec un franc succès et les établissements occupent jusqu’à 400 employés. En 1938, c’est la mort de Dominique Morreton qui est remplacé par son fils Jean-Paul aidé ensuite dès 1962 par son fils Jean-Pierre. L’usine s’intègre en 1966 à la Société industrielle de chapellerie (SIC) qui est elle-même liquidée en 1976. Nous vous en raconterons un peu plus dans quelques jours.

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La cheminée de l’usine Morreton toute droite, libre et fière, tel un Farlot

Le 21 novembre 2009 à 10 heures du matin, les Chazellois ont pu voir s’effondrer une des plus grandes cheminées de leur ville, celle de l’usine Morreton dont nous vous avons très vite résumé plus haut l’histoire. Elle était, sans plus aucun soufle de vie, condamnée à mort, comme d’autres, avec  la disparition progressive  des dernières fabriques de chapeaux.

Elle s’est éffondrée comme un géant auquel on a coupé les genoux. Elle a tenté de se redresser avec grâce et dans la douleur avant de chuter lourdement au sol dans un gros nuage de poussière. Combien restent encore de ces bâtons qui grattaient le ciel de Chazelles ?  Deux, trois, deux et demi ? Autrefois la ville se présentait, d’où que l’on arrive, comme un magnifique gâteau d’anniversaire avec ses nombreuses bougies dont la mêche continue à se consumer alors que la flamme a disparu. Toutes les cheminées vivaient et laissaient s’échapper jour et nuit leur colonne de fumée, signe d’activité et de prospérité.

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Saurez-vous compter toutes ces cheminées? Attention l’église ne compte pas !

Il ne reste plus aujourd’hui que quelques cheminées (usine Blanchard, usine Fléchet…) sur les dizaines qui existaient autrefois. Celle de l’ancienne usine Ferrier, reprise ensuite par la Sarl Morreton de l’époque, a été « rabotée » tout recemment, fin mars 2015, 

Nous avons retrouvé une série de clichés pris par un photographe amateur le jour de l’exécution capitale. Ce document fait partie de la mémoire de Chazelles. Nous vous le proposons. 

Cliquez sur le lien ci-dessous pour télécharger le PDF.

LA CHUTE D’UN SYMBOLE GEANT DE L’INDUSTRIE DU CHAPEAU

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La cheminée de l’usine Morreton derrière la grille d’entrée définitivement fermée